Mahdia: une femme d’affaires accuse le président du conseil communal d’extorsion

Argent liquide. (Photo d'illustration)

Revue de presseLe président du conseil communal de Mahdia est au cœur d’une enquête judiciaire à Kénitra. Une femme d’affaires l’accuse de lui avoir extorqué trois millions de centimes pour suspendre des poursuites liées à des impayés de loyer d’un hammam public. Le dossier s’appuie notamment sur des preuves audio et des soupçons de failles administratives. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 08/03/2026 à 19h57

La police judiciaire de la wilaya de Kénitra a lancé une enquête approfondie au sein de la commune de Mahdia, selon des sources proches du dossier, suite aux instructions du procureur général près la Cour d’appel de la ville. Cette enquête fait suite à une plainte pour extorsion déposée par une femme d’affaires ayant entretenu des relations contractuelles avec la commune, concernant la location d’un hammam public, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 9 mars.

Les officiers de police judiciaire ont entendu vendredi dernier le président du conseil communal, Abdel Rahim Bouras, membre du RNI, au sujet des graves accusations formulées dans la plainte. La plaignante a notamment fourni des enregistrements audio dans lesquels elle affirme avoir été victime d’une série de pressions et d’extorsions, prétendument par le président du conseil. Selon elle, il lui aurait été demandé trois millions de centimes pour échapper à des poursuites concernant des arriérés de loyer du hammam public pendant la période du Covid-19.

La femme d’affaires explique qu’elle s’était initialement adressée au président de la commune pour bénéficier d’une exonération temporaire des loyers, compte tenu des circonstances exceptionnelles de la pandémie. Il lui avait alors été demandé de fournir un certificat administratif délivré par l’autorité locale pour appuyer sa demande. Cependant, selon sa plainte, le dossier n’aurait pas suivi le circuit administratif habituel. Plusieurs mois plus tard, le président du conseil aurait déclenché une procédure judiciaire à son encontre pour non-paiement et expulsion liés aux loyers impayés, lit-on dans Al Akhbar.

La plainte ajoute que la plaignante a fini par verser la somme demandée, comme le confirment les enregistrements audio. Face à la complexité croissante de la situation, elle a décidé de porter l’affaire devant la justice par l’intermédiaire de son avocat, en joignant les enregistrements au procureur général. Celui-ci a immédiatement donné instruction à la police judiciaire de procéder à une enquête et d’entendre toutes les personnes mentionnées dans les enregistrements.

La plaignante affirme également avoir enregistré un échange avec le président du conseil communal dans lequel ce dernier aurait tenté de négocier un accord financier pour écarter toute action judiciaire contre elle. Par ailleurs, des sources indiquent l’existence d’autres enregistrements attribués à un comptable et à un directeur des services de la commune, qui contiendraient des propos controversés sur la gestion de certains dossiers administratifs.

La justice devrait prochainement ordonner une expertise technique pour vérifier l’authenticité des enregistrements et déterminer leur influence sur le fonctionnement administratif de la commune, avant de statuer sur les responsabilités légales et d’éventuelles sanctions. Entre-temps, le président du conseil semble s’employer à apaiser la situation en tentant de parvenir à un règlement avec la plaignante, qui elle, reste déterminée à voir l’enquête se poursuivre et à engager des poursuites contre toutes les personnes impliquées dans les faits d’extorsion dont elle se dit victime.

Par La Rédaction
Le 08/03/2026 à 19h57