Flambée historique des prix du charbon de bois à l’approche de l’Aïd El Kébir

Le prix du kilo du charbon de bois a triplé en quelques semaines, passant de 7 à 20, voire 25 dirhams. . DR

Revue de presseÀ quelques jours de l’Aïd El Kébir, les ménages marocains font face à une flambée sans précédent des prix du charbon de bois, dont le kilo a triplé en quelques semaines, passant de 7 à 20, voire 25 dirhams. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 13/05/2026 à 20h27, mis à jour le 13/05/2026 à 20h29

À l’approche de l’Aïd El Kébir, les Marocains subissent une flambée historique et sans précédent du prix du charbon de bois. Le kilo, qui coûtait généralement sept dirhams, a atteint jusqu’à vingt, voire vingt-cinq dirhams dans certaines zones, soit plus du triple du tarif habituel. «Cette hausse spectaculaire, confirmée par l’Observatoire marocain de la protection du consommateur (OMPC), s’explique principalement par la spéculation, la multiplication des intermédiaires et les défaillances criantes dans les mécanismes de contrôle ainsi que dans la répression des fraudes», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 14 mai.

Ce phénomène, bien que récurrent avant les fêtes ou les périodes de forte consommation comme les tomates pendant le Ramadan, les oignons avant l’Aïd ou les volailles en été, présente cette année des caractéristiques exceptionnelles. Selon l’OMPC, aucune perturbation de la chaîne d’approvisionnement ni aucune pénurie avérée ne peut justifier une telle envolée des prix. La seule explication réside dans des failles majeures du système de régulation et dans la prolifération d’intervenants opportunistes qui profitent de la demande saisonnière pour gonfler artificiellement les tarifs.

L’Observatoire souligne notamment l’absence de transparence dans les circuits commerciaux, la prolifération des intermédiaires et des revendeurs clandestins, ainsi que des pratiques de stockage et de rétention qui alimentent artificiellement la rareté. Le dispositif de contrôle apparaît quasi inexistant dans les marchés, les souks et les points de vente, permettant à des spéculateurs de tirer profit de la situation. «L’OMPC insiste particulièrement sur ces dysfonctionnements dans les circuits commerciaux, la multiplication des intermédiaires et le manque de transparence qui caractérisent cette filière complexe», souligne L’Economiste.

Au Maroc, la production de charbon de bois repose en effet sur une filière particulièrement complexe et sous-régulée, impliquant de nombreux acteurs: les institutions comme l’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF), chargée de délimiter les parcelles exploitables et d’organiser les adjudications, les forestiers, les producteurs ruraux, les intermédiaires, les transporteurs, les réseaux de distribution urbains, les points de vente formels et informels, ainsi que les coopératives forestières et les groupements de travailleurs locaux. Les producteurs, souvent appelés charbonniers, utilisent généralement la technique traditionnelle de la meule. Pourtant, malgré ces mécanismes institutionnels, les dysfonctionnements persistent et permettent à des spéculateurs de profiter de la demande saisonnière pour faire exploser les prix.

Face à cette situation alarmante, l’OMPC exhorte les institutions étatiques, notamment le ministère de l’Agriculture, de l’Intérieur et les autorités locales, à prendre des mesures immédiates pour lutter contre la spéculation, renforcer les contrôles dans les circuits de distribution, sanctionner les pratiques de rétention de stock et garantir la transparence dans toute la chaîne d’approvisionnement. «Il est insensé de voir que des produits de première nécessité grimpent de manière spectaculaire, de sept à vingt dirhams, voire plus, impactant ainsi le pouvoir d’achat des Marocains dans un contexte marqué par des dépenses familiales élevées et une inflation persistante», s’indigne, Hassan Aït Ali, président de l’OMPC.

Par La Rédaction
Le 13/05/2026 à 20h27, mis à jour le 13/05/2026 à 20h29