Cinq femmes et trois hommes tentent à ce jour de succéder au Portugais António Guterres, 77 ans, qui achèvera le 31 décembre son deuxième mandat de cinq ans.
Réunis à huis clos à partir de 10H00 (14H00 GMT), les 15 membres du Conseil devront attribuer anonymement à chaque candidat l’une des trois mentions suivantes: «encourage», «décourage» ou «sans opinion».
Au terme du premier scrutin, organisé le 30 juillet, Rebeca Grynspan, 70 ans, ancienne vice-présidente du Costa Rica et secrétaire générale d’ONU commerce et développement (CNUCED), avait obtenu le plus grand nombre de mentions favorables.
Va-t-elle consolider sa position?
«Les diplomates s’attendent à ce que la répartition des voix évolue par rapport au scrutin de juillet», relève pour l’AFP Daniel Forti, analyste à l’International Crisis Group.
Le processus devant servir autant à faire émerger un favori qu’à écarter progressivement certains prétendants, «il est fort possible qu’à l’issue du vote, certains prennent conscience que leur campagne est arrivée au bout du chemin», ajoute-t-il.
Le choix intervient alors que l’ONU traverse l’une des périodes les plus difficiles de son histoire, confrontée à l’affaiblissement du multilatéralisme, à des divisions persistantes au Conseil de sécurité et à de graves difficultés financières.
Beaucoup de flou
Sous la pression notamment des États-Unis de Donald Trump, qui contestent régulièrement son rôle et ses financements, l’ONU peine à peser sur plusieurs conflits majeurs, tandis que les coupes budgétaires menacent ses opérations humanitaires et ses missions de maintien de la paix.
Pour être finalement recommandé par le Conseil de sécurité, un candidat doit recueillir au moins neuf voix favorables et ne faire l’objet d’aucun veto de la part de l’un des cinq membres permanents: États-Unis, Russie, Chine, France et Royaume-Uni.
Le Conseil recommande ensuite un candidat à l’Assemblée générale, qui procède formellement à sa nomination et suit, en pratique, le choix effectué par les quinze membres du Conseil.
Selon le principe informel de rotation géographique entre les différentes régions du monde, qui n’a toutefois pas toujours été respecté, l’Amérique latine et les Caraïbes considèrent que le poste devrait cette fois revenir à leur région. Cela explique la forte représentation latino-américaine parmi les candidats.
De nombreux États et organisations militent également pour qu’une femme prenne, pour la première fois en 80 ans d’existence de l’organisation, la tête des Nations unies.
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Lors du premier vote indicatif, Rebeca Grynspan avait devancé Carolyn Rodrigues-Birkett, 52 ans, ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana et actuelle représentante permanente de son pays auprès de l’ONU, ainsi que Rafael Grossi, 65 ans, directeur général argentin de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA).
Sont également en lice l’ancienne présidente chilienne Michelle Bachelet, 74 ans, l’Équatorienne María Fernanda Espinosa, 61 ans, l’Ougandais Olara Otunnu, 75 ans, l’ancien président sénégalais Macky Sall, 64 ans, et l’Équatorienne Ivonne A-Baki, 75 ans.
Cette dernière, ancienne ambassadrice et ministre équatorienne, est la huitième et plus récente candidate à avoir rejoint la compétition. Elle a présenté jeudi sa vision devant les États membres de l’Assemblée générale, à la veille du nouveau scrutin.
Personne ne se risque toutefois à faire de pronostic, tant les préférences des différents membres du Conseil restent difficiles à déterminer, en particulier celles des cinq puissances disposant d’un droit de veto.
À ce stade de la procédure, les bulletins utilisés par les membres permanents ne sont pas différenciés de ceux des dix membres élus. Il est donc impossible de déterminer si une mention «décourage» émane d’un pays capable, ultérieurement, d’opposer son veto.
De nouveaux prétendants pourraient même encore apparaître, a souligné jeudi devant la presse Vassili Nebenzia, représentant permanent de la Russie auprès des Nations unies.
«Si, par exemple, et je spécule maintenant, il y a un blocage autour de l’un des candidats que nous voyons, si aucun d’entre eux ne décolle, alors je pense que nous pourrions voir apparaître d’autres» personnalités, a-t-il déclaré.




