«Ashutosh (Sanka) et Saurav (Das) ont été incarcérés pour cinq jours», a écrit sur X le fondateur du Parti du peuple des cafards (CJP), Abhijeet Dipke.
CJP founder Abhijeet Dipke slams the jailing of CJP leaders Saurav Das and Ashutosh Ranka, questioning PM Narendra Modi over the arrests. @JournoVidya brings you the latest. #SauravDas #AshutoshRanka #AjinkyaShinde #CJP #JantarMantar #ITVideo | @PoojaShali https://t.co/Hpa6xlOU9K
— IndiaToday (@IndiaToday) October 14, 2026
Depuis des semaines, l’opposition et les «cafards» sont mobilisés contre une révision des listes électorales accusées de profiter au parti du Premier ministre ultranationaliste hindou Narendra Modi.
La contestation a grossi en fronde généralisée contre son gouvernement, accusée de dérive autoritaire depuis son arrivée au pouvoir en 2014.
Le week-end dernier, la police a procédé à des milliers d’arrestations, afin d’empêcher dans le centre de la capitale un rassemblement - interdit par les autorités - pour exiger la démission du président de la commission électorale, Gyanesh Kumar.
La police interdite depuis tout rassemblement sur l’esplanade de Jantar Mantar, point de rassemblement historique des contestations à Delhi.
Mardi matin, plusieurs membres du Parti du peuple des cafards, dont les deux dirigeants placés mercredi en détention, ont pénétré quelques minutes sur le site, sous surveillance étroite des forces de l’ordre, avant d’être interpellés.
Une vidéo les montre en train d’escalader les barrières jaunes qui encerclent le site et courent en arborant un drapeau indien, avant d’être interpellés.
Ashutosh Ranka et Saurav Das avaient déjà été arrêtés samedi à l’aéroport de New Delhi à leur sortie d’un avion, en même temps qu’Abhijeet Dipke, en amont de la manifestation à laquelle ils avaient appelé.
«Acte de lâcheté»
Les trois hommes avaient été remis en liberté 24 heures plus tard par un juge, «à la condition qu’ils ne troublent pas l’ordre public pendant un an», selon leur avocate, Ratna Singh.
Créé en mai dernier en ligne, le CJP s’est imposé depuis en porte-parole des colères des étudiants et de la jeunesse contre le gouvernement.
Il a été rejoint par un grand parti de l’opposition, qui dénonce la «dictature» de M. Modi et la répression du mouvement par les forces de l’ordre.
«Agiter le drapeau tricolore à Jantar Mantar est une manifestation pacifique, pas un crime», a réagi le chef de l’opposition parlementaire Rahul Gandhi, élu du Parti du Congrès, ajoutant que «mettre des jeunes derrière les barreaux est un acte de lâcheté».
Waving the Tricolour at Jantar Mantar in a peaceful protest is not a crime. Jailing youth for it is an act of cowardice. Students. Youth. Journalists. The INDIA bloc. Different banners, one cause. All protests are one: citizens demanding their constitutional rights. Jantar Mantar belongs to the people of India. We will reclaim it.
— Rahul Gandhi (@RahulGandhi) October 14, 2026
A l’initiative de M. Gandhi, plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé lundi dans les rues de Delhi jusqu’au siège de la Cour suprême pour y déposer une requête en annulation de la révision des listes électorales contestées.
Young Indians are taking to the streets of New Delhi under the Cockroach movement banner. Demonstrators are rallying against an alleged voter list purge and are calling for the resignation of the election chief. https://t.co/jOqbRKRAgE
— Azat TV (@azattelevision) October 13, 2026
Lancée l’an dernier pour en supprimer les doublons, les défunts et les fraudeurs, cette opération a permis, selon les médias, de rayer 130 millions d’inscrits.
Elle est soupçonnée par ses détracteurs de viser en priorité les minorités, notamment les musulmans, pour le plus grand bénéfice du Bharatiya Janata Party (BJP) de M. Modi, jetant ainsi le doute sur ses récentes victoires dans des élections locales.
Fidèle et redouté bras droit de M. Modi, le ministre de l’Intérieur Amit Shah a justifié la révision des listes électorales par la nécessité d’en écarter les «infiltrés», le terme par lequel il désigne les citoyens étrangers.
«La population du pays l’a bien compris, elle ne va pas croire à vos supercheries», a-t-il lancé mardi à Rahul Gandhi devant la presse. «La majorité va remporter une victoire éclatante lors des législatives de 2029, et le Congrès va perdre pour la quatrième fois».




