Moins de 48 heures après l’incident à la frontière mauritano-algérienne, marqué par l’interception de trois véhicules, dont un camion, appartenant aux milices du Polisario, le régime algérien a immédiatement envoyé une délégation des séparatistes du Polisario en vue de contenir la vive colère que venaient de lui exprimer ouvertement les hautes autorités mauritaniennes.
Lundi 23 février, le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani a daigné recevoir, dans un climat tendu, trois membres du Polisario qui venaient de débarquer en urgence à Nouakchott. Face à Hamma Salama, président du prétendu parlement du Polisario, le président mauritanien, pourtant connu pour son calme olympien et sa grande capacité d’écoute, a sévèrement tapé sur les doigts de ses visiteurs pendant quelques petites minutes, avant de les congédier. Ces derniers n’auront même pas le droit de s’exprimer devant une caméra de la télévision mauritanienne comme le veut le protocole. En lieu et place, c’est un communiqué du service de communication de la présidence qui a annoncé, en deux petites phrases, cette courte entrevue. Juste pour dire que Ghazouani a reçu une délégation du Polisario conduite par Hamma Salama, et que Nani Ould Chrougha, ministre du cabinet de Ghazouani a assisté à cette rencontre.
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Aucun mot sur les raisons ou objectifs de cette visite, ni sur un éventuel message, verbal ou écrit, transmis par cette délégation d’indésirables. Même les médias séparatistes ne sont pas arrivés à cacher la gravité des faits que leur reprochent les autorités mauritaniennes, prétendant que Hamma Salama est arrivé à Nouakchott en tant qu’envoyé spécial du chef des séparatistes Brahim Ghali et qu’il a discuté avec Ghazouani des «relations bilatérales et questions d’intérêt commun». Rien sur l’incident des trois véhicules suspects du Polisario.
Samedi dernier, alors qu’un média marocain avait annoncé l’incursion de trois véhicules du Polisario en territoire mauritanien, d’aucuns ont pensé qu’il ne pouvait s’agir que de contrebandiers venus écouler des produits de l’aide alimentaire internationale, régulièrement détournée par les dirigeants du Polisario. La non-réaction des médias mauritaniens à cette interception laissait penser que l’incident relevait de simples faits divers. Or, le mutisme du service de communication de l’armée mauritanienne aurait été dicté par la découverte d’une cargaison particulière, transportée et escortée par des miliciens armés du Polisario.
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Même si elle n’a pas divulgué cette information, l’armée mauritanienne ne l’a pas non plus infirmée, alors qu’elle est généralement prompte à démentir toute fausse information concernant une violation présumée des frontières du pays. L’on se rappelle du démenti cinglant apporté par l’état-major de l’armée mauritanienne, en novembre 2021, aux allégations algériennes selon lesquelles des camions algériens ont été bombardés par l’armée marocaine en plein territoire mauritanien.
Ce qui est certain c’est que ce nouvel incident dont le degré de gravité semble important va définitivement mettre fin à la siba que le Polisario, encouragé par le régime algérien, a toujours tenté d’instaurer au nord de la Mauritanie, et en particulier à ses frontières avec le Sahara marocain. Même l’armée algérienne s’est livrée à ces manœuvres pernicieuses en violant à deux reprises, en mai et en décembre 2025, les frontières nord de la Mauritanie. Ces violations ont été mises à nu par des images captées par des drones chinois, de marque BZK 005, acquis par l’armée mauritanienne en 2024.
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Il reste maintenant à savoir les tenants et aboutissants de cet incident. Les milices du Polisario étaient-elles en train de convoyer des armes en vue d’attaquer à partir du territoire mauritanien des positions de l’armée marocaine? Voulaient-elles livrer des armes aux mouvements terroristes du Sahel? Même l’hypothèse d’une importante cargaison de drogues n’est pas à écarter.








