L’Europe poursuivra son soutien à l’Ukraine, à la demande de Zelensky

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky (à droite) serre la main du président français Emmanuel Macron (à gauche) avant leur entretien bilatéral, en marge d’un sommet de l’UE à Bruxelles, le 15 octobre 2026. (PHOTO LUDOVIC MARIN / POOL / AFP). AFP or licensors

Le président ukrainien était l’invité jeudi et vendredi d’un sommet à Bruxelles, où il a exhorté les dirigeants européens à l’aider à contenir l’agresseur russe et son entreprise de «destruction» de son pays, alors que les États-Unis de Donald Trump se rapprochent de la Russie de Vladimir Poutine.

Le 17/10/2026 à 08h30

Le président ukrainien Volodymyr Zelensky, bousculé par les États-Unis de Donald Trump, s’est tourné vendredi vers ses alliés européens, réclamant à Bruxelles 70 milliards d’euros supplémentaires pour financer la guerre contre Moscou l’an prochain. Pressé de questions sur sa très difficile relation avec le président américain, Volodymyr Zelensky a évité toute critique directe lors d’un sommet européen dans la capitale belge.

Il n’y a esquissé qu’un sourire et un silence à la question de savoir s’il était en train de servir de bouc émissaire de Donald Trump à quelques semaines d’élections de mi-mandat très mal engagées pour le républicain. Le président américain a qualifié de «honte» la reprise des frappes ukrainiennes sur les raffineries russes.

«Il est plus difficile de travailler avec Zelensky qu’avec Poutine», a encore lancé Donald Trump, qui a maintes fois demandé le départ de M. Zelensky et ne cache pas son admiration pour le président russe. Jeudi, l’Ukraine a été frappée par un millier de drones, a affirmé M. Zelensky. « 1.000 ! Mais la partie américaine affirme qu’il est difficile de parler avec Zelensky, qu’il est moins difficile de gérer Poutine, allons bon ! », a-t-il lancé aux journalistes.

Soucieux de ne pas tourner le dos à l’administration Trump, le président ukrainien a souligné que son équipe était «en pourparlers avec l’équipe de négociation américaine». «Ils conviendront d’une rencontre à un niveau ou à un autre», a-t-il assuré vendredi devant la presse. Visiblement amer après les déclarations de Donald Trump, Volodymyr Zelensky a aussi remercié ses collègues européens, «de vrais dirigeants, à nos côtés depuis le tout début de cette guerre».

En accueillant M. Zelensky vendredi matin, les dirigeants des 27 l’ont assuré de leur soutien. Sans ignorer qu’ils devraient remettre la main au portefeuille l’an prochain. «La guerre coûtera 155 milliards d’euros l’année prochaine. Et nous avons besoin d’au moins 70 milliards d’euros de plus de votre part», a affirmé Volodymyr Zelensky devant les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne. «C’est un montant réaliste. Et je vous demande de trouver ce soutien. Il nous aidera à contenir la Russie», a-t-il insisté.

Et si la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a repris ce chiffre à son compte, assurant qu’il sera nécessaire de «combler» ce besoin de financement, d’autres dirigeants se sont montrés plus circonspects. «L’Ukraine a fait sa demande, c’est trop tôt pour articuler un chiffre», a souligné le président français Emmanuel Macron.

Les Européens ont accepté de prêter 90 milliards d’euros à l’Ukraine, dont 45 milliards sont encore à débourser pour l’an prochain. On reste dans cette enveloppe, même si «on étudie évidemment toutes les options», a assuré M. Macron. «La façon dont nous déterminerons les besoins financiers, et quels financements supplémentaires seront nécessaires, deviendra claire dans les semaines à venir», a souligné de son côté le chancelier allemand Friedrich Merz.

Mais pour les Européens, pas question d’abandonner l’Ukraine après les volte-faces américaines. «Nous ne lâcherons pas l’Ukraine et les Ukrainiens parce que c’est une guerre de résistance face à la guerre d’agression russe», a martelé le président français. Face aux «ambiguïtés» de certains - une allusion apparente à Donald Trump - «le rôle des Européens c’est de tenir leur ligne», a-t-il ajouté. «Nous sommes en train de travailler ardemment pour aider l’Ukraine à renforcer sa capacité à résister sur les images satellitaires, les dispositifs d’alerte avancée».

Ces derniers jours, Kiev a déploré ne pas avoir été averti par ses alliés d’attaques russes imminentes, faisant notamment part de restrictions dans l’utilisation des services satellitaires de l’entreprise d’Elon Musk, SpaceX, crucial pour son armée. Ces capacités de connexion n’ont pas encore été entièrement rétablies, a déclaré vendredi Volodymyr Zelensky.

Il est également indispensable de maintenir la pression sur le Kremlin, que rien ne semble détourner de sa tâche de «destruction» de l’Ukraine, a martelé le président ukrainien. Vladimir Poutine a jugé vendredi «positive» la dynamique de ses troupes sur le front en Ukraine, estimant qu’il leur restait à conquérir un peu plus de 10% de la région ukrainienne de Donetsk (est) dans le Donbass.

Ce sommet intervenait dans un contexte de rapprochement entre les États-Unis et la Russie. Après un récent accord sur l’exportation de diesel russe, Donald Trump a exempté vendredi soir la Russie de nouvelles sanctions majeures prévues dans une loi récemment adoptée par le Congrès.

Par Le360 (avec AFP)
Le 17/10/2026 à 08h30