Les États-Unis réfléchiraient à suspendre l’Espagne de l’Otan? Sánchez «pas inquiet»

Le Président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez.

Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a affirmé vendredi ne pas avoir d’«inquiétude» après la publication d’un article de l’agence Reuters évoquant des réflexions en cours aux États-Unis pour éventuellement suspendre l’Espagne de l’Otan en représailles à son opposition à la guerre contre l’Iran.

Le 25/04/2026 à 07h30

Aucun article du traité fondateur de l’Otan, signé en 1949, ne prévoit la suspension ou l’exclusion d’un membre de l’Alliance atlantique, au centre de nombreuses critiques de Donald Trump depuis son retour à la Maison Blanche il y a plus d’un an.

Présent à Nicosie, à Chypre, pour un sommet des dirigeants de l’Union européenne, Pedro Sánchez a été interrogé sur les informations selon lesquelles Washington envisagerait de suspendre la participation de l’Espagne à des postes de responsabilité au sein de l’Alliance: «L’Espagne est un partenaire fiable au sein de l’Otan et nous remplissons nos obligations», s’est-il défendu en anglais.

«Donc, pas d’inquiétude», a-t-il balayé.

«Nous ne travaillons pas sur la base d’e-mails (qui mentionneraient selon Reuters ces réflexions à Washington, ndlr), nous travaillons sur la base de documents officiels et de prises de position que le gouvernement des États-Unis formule», a-t-il aussi affirmé par ailleurs en espagnol.

«La position du gouvernement espagnol est claire: une coopération absolue avec nos alliés, mais toujours dans le cadre de la légalité internationale», a-t-il poursuivi en espagnol.

Interrogée sur ces informations de presse, la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni a, pour sa part, appelé l’Otan à «rester unie».

Donald Trump n’a pas réagi dans l’immédiat. Mais dans un courriel adressé à l’AFP, la porte-parole du Pentagone, Kingsley Wilson, a relevé que «comme l’a dit le président Trump, en dépit de tout ce que les États-Unis ont fait pour nos alliés de l’Otan, ils ne nous ont pas soutenus» lors de l’offensive contre l’Iran.

«Le ministère de la Guerre fera en sorte que le président ait à sa disposition des options crédibles pour que nos alliés ne soient plus des tigres de papier mais au contraire jouent leur rôle», a-t-elle ajouté, sans se prononcer spécifiquement sur la présence de Madrid dans l’Alliance atlantique.

«Cesser tout commerce»

Depuis fin février, Pedro Sánchez s’est opposé à la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, devenant le fer de lance des voix s’élevant en Occident contre les hostilités qui ont embrasé le Moyen-Orient.

Cette position ferme a fortement irrité Donald Trump, qui a reproché à Madrid d’avoir refusé de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour mener des attaques aériennes, allant jusqu’à menacer de «cesser tout commerce» entre les deux pays.

Depuis plusieurs mois, Donald Trump reproche également au gouvernement espagnol son refus d’augmenter ses dépenses de sécurité autant que convenu lors du dernier sommet de l’Otan l’an dernier.

Selon Reuters, l’e-mail du Pentagone citant l’Espagne évoquait aussi une possible évolution de la position américaine concernant les îles Malouines en représailles au manque de soutien britannique à la guerre menée contre l’Iran.

Un porte-parole du département d’Etat américain a affirmé vendredi auprès de l’AFP que Washington restait «neutre» sur la question de la souveraineté contestée de cet archipel de l’Atlantique Sud qui fait l’objet d’un différend entre l’Argentine et le Royaume-Uni.

«Nous sommes conscients de l’existence de revendications de souveraineté conflictuelles entre l’Argentine et le Royaume-Uni», a déclaré le porte-parole, ajoutant que les États-Unis reconnaissent «l’administration de facto du Royaume-Uni» sur les îles, sans pour autant prendre parti dans ce différend territorial.

Par Le360 (avec AFP)
Le 25/04/2026 à 07h30