Le patron de la CIA s’est rendu à Moscou pour dissuader la Russie d’attaquer l’Otan

Le patron de la CIA, John Ratcliffe.

Le déplacement inhabituel du directeur de la CIA à Moscou cette semaine avait pour but de mettre en garde la Russie contre toute attaque visant l’Otan, ont annoncé plusieurs médias américains mercredi, après que Donald Trump a cherché à minimiser l’importance de cette visite.

Le 27/08/2026 à 07h27

Le Wall Street Journal et CBS ont rapporté que le patron de la CIA, John Ratcliffe, avait tenté de dissuader la Russie de toute attaque contre un membre de l’Otan, alors que des évaluations des services de renseignement américains indiquent que Moscou pourrait chercher à mettre l’alliance à l’épreuve.

Le Wall Street Journal détaille notamment que le président russe Vladimir Poutine pourrait défier l’Otan avec une «attaque limitée» dans les prochaines années.

La Maison Blanche n’a pas répondu aux sollicitations de l’AFP sur le sujet.

Donald Trump avait pourtant qualifié ce déplacement du directeur de la CIA de visite de «semi-routine» lors d’une interview mercredi avec un commentateur conservateur, Glenn Beck, laissant entendre que l’entrevue avait pour but de discuter de la guerre en Ukraine.

«Nous aimerions que la guerre en Ukraine s’arrête», avait ajouté le président américain.

Durant son déplacement à Moscou, M. Ratcliffe a aussi évoqué la guerre en Iran, menaçant de sanctions supplémentaires si le détroit d’Ormuz n’était pas rouvert, d’après les médias américains.

Le milliardaire avait assuré lors de l’interview mercredi que cette visite n’était liée ni à l’Iran ni à des menaces russes contre l’Otan.

«Il n’était pas là-bas pour une de ces choses que vous mentionnez», avait-il soutenu, interrogé sur ces deux sujets.

Echanger «entre services secrets»

De son côté, le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a affirmé que John Ratcliffe s’était rendu à Moscou pour échanger «entre services secrets», sans rencontrer le président Vladimir Poutine.

Le porte-parole russe a jugé qu’«il était encore trop tôt pour dire dans quelle mesure cela aura une incidence sur le processus visant à sortir les relations (russo-américaines) de la crise».

Aucun autre contact futur n’est prévu pour l’heure, a-t-il affirmé aux journalistes, dont l’AFP, qualifiant ces contacts de «positifs» tout en refusant d’évoquer les dossiers sur lesquels les discussions ont porté.

Depuis plusieurs mois, la Russie et l’Ukraine intensifient leurs frappes à longue portée, visant des sites civils tels que des entrepôts logistiques et sites pétroliers et portuaires. Ces attaques font un nombre croissant de victimes civiles chaque semaine.

Les efforts diplomatiques sous médiation américaine pour mettre fin au conflit sont au point mort et le Kremlin ne montre aucun signe d’être prêt à revoir ses exigences maximalistes, notamment territoriales.

Jusqu’ici les tentatives de Donald Trump pour mettre fin au conflit, dont l’organisation il y a un peu plus d’un an d’un sommet en Alaska avec son homologue Vladimir Poutine, sont restées vaines.

Un avion militaire américain avait décollé mardi dans la matinée de la capitale lettone Riga pour rejoindre la capitale russe, avant de faire le trajet inverse dans la soirée, selon les données du site de suivi des vols Flightradar24.

Le dernier voyage connu d’un directeur de la CIA en Russie remontait à novembre 2021, avant le début de la guerre en Ukraine en février 2022.

Par Le360 (avec AFP)
Le 27/08/2026 à 07h27