Iran: deux hommes exécutés en lien avec les manifestations de janvier

Le régime iranien a exécuté à Mashhad deux manifestants du soulèvement de janvier, Ali Hemmati et Majid Nik-Andish. (PHOTO: OMPI/MEK)

Deux hommes ont été pendus mercredi en Iran dans une affaire liée aux manifestations antigouvernementales de janvier, selon le pouvoir judiciaire. Ces exécutions interviennent alors que les arrestations et les exécutions se multiplient dans le pays, sur fond de guerre au Moyen-Orient.

Le 30/09/2026 à 07h57

Ali Hemmati et Majid Nik-Andish ont été exécutés mercredi 30 septembre, a annoncé l’agence Mizan, organe du pouvoir judiciaire iranien. Leur condamnation concernait des faits survenus à Machhad, dans le nord-est du pays, pendant le mouvement de contestation du début de l’année.

Les deux hommes ont été reconnus coupables d’avoir «participé aux émeutes de janvier qui ont entraîné le martyre de quatre membres des forces de sécurité iraniennes», a précisé l’agence. Cette présentation des événements est celle des autorités judiciaires, qui imputent aux condamnés une participation aux violences.

Mizan leur reproche également d’avoir «causé de lourds dégâts à des biens publics, en incendiant des magasins, des banques, des bus, etc., et en mettant même le feu à des arbres». Les accusations rapportées portent ainsi sur des violences contre les forces de sécurité et sur des destructions matérielles.

Les deux hommes ont été «pendus tôt dans la journée de mercredi, après la confirmation de leur peine par la Cour suprême», selon la même source.

Des manifestations à la guerre

Le mouvement auquel se rapporte cette affaire avait commencé fin décembre 2025. Initialement dirigée contre la vie chère, la contestation avait rapidement dépassé les revendications économiques pour prendre la forme de vastes manifestations antigouvernementales. Les rassemblements avaient culminé les 8 et 9 janvier, marquant le passage d’une mobilisation sociale à une contestation politique du pouvoir.

Les autorités ont reconnu un bilan de plus de 3.000 morts. Elles ont imputé les violences à des «actes terroristes» orchestrés par les États-Unis et Israël. Des organisations non gouvernementales basées à l’étranger ont, de leur côté, fait état d’une répression ayant causé des milliers de morts. Ces récits divergent notamment sur la responsabilité des violences.

La crise intérieure s’est ensuite inscrite dans un contexte de confrontation militaire. Le président américain Donald Trump avait menacé d’intervenir militairement en Iran pendant les manifestations. Le 28 février, Washington et Israël ont lancé une attaque conjointe contre le pays, déclenchant la guerre au Moyen-Orient.

Depuis, les arrestations et les exécutions se multiplient. Les procédures concernent à la fois des affaires liées au conflit et des dossiers remontant aux manifestations du début de l’année. Les pendaisons annoncées mercredi relèvent de cette seconde catégorie, près de neuf mois après les événements de janvier.

Un appel à suspendre les exécutions

Cette situation suscite des appels internationaux à suspendre les exécutions. Lundi, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les droits humains en Iran, Mai Sato, a demandé un moratoire dans l’attente de l’abolition de la peine de mort. Elle a notamment dénoncé des procédures judiciaires ne respectant pas les normes internationales d’un procès équitable.

La rapporteuse a annoncé qu’elle présenterait quotidiennement, du 29 septembre au 10 octobre, Journée mondiale contre la peine de mort, des dossiers individuels sur lesquels elle a saisi les autorités iraniennes. Les cas concernés comprennent des manifestants, mais aussi des personnes condamnées dans des affaires de stupéfiants ou de meurtre.

Selon des ONG, dont Amnesty International, l’Iran est le pays qui recourt le plus à la peine capitale après la Chine. En 2025, les autorités ont exécuté au moins 1.639 personnes, d’après Iran Human Rights, basée en Norvège, et Ensemble contre la peine de mort (ECPM), dont le siège est à Paris. Ces organisations présentent ce bilan comme le plus élevé depuis 1989, avant même les manifestations et la guerre de cette année. Ce bilan représente une moyenne supérieure à quatre exécutions par jour sur l’ensemble de l’année.

Par Le360 (avec Agences)
Le 30/09/2026 à 07h57