Écosse: l’antiterrorisme enquête sur des attaques racistes antimusulmanes à Édimbourg

La police a procédé à l'arrestation d'un homme à Édimbourg vendredi soir après une série d'agressions antimusulmanes. (PA/Edward Hughes)

La police écossaise a annoncé samedi que des enquêteurs antiterroristes avaient été saisis après une série de «violentes attaques» survenues vendredi soir à Édimbourg, au cours desquelles cinq hommes ont été blessés. Les autorités examinent la piste d’actes potentiellement antimusulmans.

Le 21/06/2026 à 07h00

Un Écossais de 36 ans a été arrêté, a précisé la police. Selon l’agence Press Association, citant les forces de l’ordre, l’homme a été «inculpé en lien avec un certain nombre d’incidents survenus à Édimbourg» et doit être «présenté au tribunal en temps voulu». Aucun autre détail n’a été communiqué à ce stade sur les chefs retenus ni sur le mobile exact de ces agressions.

Une vidéo diffusée en ligne montre un homme torse nu, qui pourrait être le suspect, errant dans les rues de la capitale écossaise avec une arme. Ces images, largement relayées sur les réseaux sociaux, ont renforcé l’inquiétude des habitants et des associations musulmanes, alors que plusieurs victimes seraient issues de cette communauté.

La police antiterroriste «mène l’enquête», a indiqué la police écossaise dans un communiqué. L’intervention de ce service spécialisé ne signifie pas nécessairement que les faits sont déjà qualifiés de terroristes, mais témoigne de la gravité de l’affaire et de la nécessité d’examiner un éventuel mobile idéologique ou haineux.

Les dirigeants politiques britanniques et écossais ont rapidement condamné ces incidents. «Le suspect semble avoir agi sous l’emprise de la haine antimusulmane. Je ne tolérerai pas cela sera puni avec toute la rigueur de la loi», a réagi le Premier ministre travailliste Keir Starmer sur X.

La ministre britannique de l’Intérieur, Shabana Mahmood, s’est dite «horrifiée», ajoutant qu’il n’y avait «pas de place pour la haine et la violence à l’encontre des musulmans». De son côté, le Premier ministre écossais John Swinney s’est déclaré «profondément préoccupé», estimant qu’il n’y avait «pas de place pour la violence, le racisme ou l’intolérance dans notre pays».

La police a reçu vendredi soir de multiples appels d’urgence faisant état d’«attaques violentes, incluant menaces, vols et actes de vandalisme». Selon la BBC, les agressions auraient commencé à proximité d’une mosquée, dans l’ouest d’Édimbourg, ce qui renforce les soupçons d’une attaque ciblant des musulmans.

Deux hommes ont d’abord été blessés à Sighthill, une banlieue située à l’ouest de la capitale écossaise, puis transportés à l’hôpital, a expliqué la police. Trois autres hommes ont ensuite été attaqués dans d’autres secteurs, avant que les policiers ne parviennent à arrêter le suspect.

Les victimes, deux âgées de 22 ans et les autres de 24, 27 et 39 ans, ont subi diverses blessures. Trois ont été hospitalisées, mais leur vie n’est pas en danger, a souligné la police.

L’Association écossaise des mosquées et l’ONG antiraciste MEND, qui lutte contre l’islamophobie, assurent que plusieurs des victimes sont musulmanes. Selon MEND, la vidéo de l’homme torse nu le montrerait également en train de crier qu’il faut «protéger le pays» des musulmans.

Ces agressions surviennent dans un contexte de tensions accrues au Royaume-Uni autour de l’immigration, des violences urbaines et de la montée des discours hostiles aux minorités. Ces derniers jours, Belfast, capitale de l’Irlande du Nord, a connu deux nuits de graves troubles après une violente attaque au couteau, pour laquelle un Soudanais a été inculpé, filmée puis massivement diffusée en ligne.

De violents affrontements ont également éclaté entre manifestants et policiers la semaine précédente à Southampton, dans le sud de l’Angleterre. Les protestataires dénonçaient la façon prétendument «raciste» dont la police locale aurait géré, en décembre, le meurtre d’un étudiant blanc, Henry Nowak, par un jeune homme sikh.

À Édimbourg, les autorités tentent désormais d’éviter une extension des tensions communautaires. La police a appelé la population à ne pas spéculer, tout en assurant que l’enquête se poursuivait sous la supervision des services compétents. Pour les associations musulmanes, ces attaques rappellent surtout la nécessité de traiter l’islamophobie comme une menace concrète, et non comme une simple querelle de discours public.

Par Le360 (avec Agences)
Le 21/06/2026 à 07h00