Colombie: un attentat à la bombe fait au moins 14 morts en pleine campagne présidentielle

Des personnes se tiennent près de victimes recouvertes de draps blancs sur le site d'un attentat à la bombe à El Tunel, sur la route Popayán-Cali, à Cajibio, dans le département de Cauca, en Colombie, le 25 avril 2026. AFP or licensors

Un attentat à la bombe a fait au moins 14 morts et 38 blessés samedi sur une route du sud-ouest de la Colombie, secouée par une série d’attaques à un peu plus d’un mois de la présidentielle.

Le 26/04/2026 à 07h30

En pleine campagne électorale dominée par les questions de sécurité, les autorités ont accusé la principale dissidence des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), qui n’a pas adhéré à l’accord de paix de 2016 et sème la terreur dans le pays.

AP précise que l’explosion a frappé un bus sur la route panaméricaine, dans le secteur d’El Túnel, à Cajibío, dans le département du Cauca, bastion traditionnel des groupes armés et couloir clé du narcotrafic vers la côte pacifique.

Des images de l’AFP montrent des personnes autour des corps des victimes, des véhicules détruits et de profonds cratères sur une route du département du Cauca, traditionnelle zone d’influence des groupes armés, où l’explosion s’est produite.

«À l’heure actuelle, nous dénombrons 14 morts et plus de 38 blessés, dont cinq mineurs», a déclaré sur X le gouverneur du département du Cauca, Octavio Guzmán.

Des témoins ont affirmé que l’impact les avait projetés, eux et leurs véhicules, à plusieurs mètres.

«Nous attendions qu’on nous laisse passer pour continuer notre route et cette bombe a explosé là», a déclaré à l’AFP Francisco Javier Betancourt, producteur de café et témoin de l’attentat. «J’avais peur (...) regardez où en est arrivé le pays», a-t-il ajouté.

«Terroristes»

Une source policière a indiqué à l’AFP que les équipes de secours tentaient encore de localiser des personnes portées disparues.

Il était difficile d’évaluer le nombre exact de victimes dans les premières heures, en raison d’échanges de tirs avec des guérilleros dans trois commissariats du Cauca, a-t-elle ajouté. AP rapporte qu’au moins 26 attaques ont été enregistrées en deux jours dans le Cauca et le Valle del Cauca, entre bombes, drones et tirs contre des postes de police.

«Ceux qui ont commis cet attentat et tué (...) sont des terroristes, des fascistes et des trafiquants de drogue», a dénoncé sur X le président Gustavo Petro, qui s’apprête à quitter le pouvoir.

«Je veux les meilleurs soldats pour les affronter», a-t-il ajouté, accusant le chef de la principale dissidence des Farc, Iván Mordisco, qu’il a souvent comparé au baron de la drogue Pablo Escobar.

Après une année à essayer de négocier un accord de paix avec Mordisco, le premier président de gauche de l’histoire de la Colombie a opté pour une guerre frontale avec le guérillero. Le gouvernement offre plus d’un million de dollars pour des informations menant à la capture de plusieurs chefs dissidents liés à cette vague d’attaques.

Vendredi, un attentat contre une base militaire a fait un mort à Cali, dans le sud-ouest du pays, et a marqué le début d’une série d’attaques dans les régions du Valle del Cauca et du Cauca, fief de la dissidence des Farc sous le contrôle de Mordisco.

En 2025, des attentats sanglants contre les forces de l’ordre dans la région avaient déjà fait des victimes parmi les civils et marqué la pire vague de violence que le pays ait connue au cours de la dernière décennie.

Le ministre de la Défense, Pedro Sánchez, a assuré samedi que la présence militaire et policière serait renforcée dans la zone. AP note que l’armée colombienne attribue l’attentat à la structure Jaime Martínez et à un réseau relevant d’Iván Mordisco.

Menaces de mort

Cette dernière vague d’attentats exacerbe le climat de tension à l’approche de la présidentielle du 31 mai, où la sécurité est l’un des thèmes centraux depuis l’assassinat du candidat de droite Miguel Uribe, abattu lors d’un meeting en juin 2025.

Gustavo Petro, élu en 2022, va quitter le pouvoir. Son dauphin politique, le sénateur Iván Cepeda, est donné favori dans les sondages, suivi par les candidats de droite Abelardo de la Espriella et Paloma Valencia. Tous trois ont dénoncé des menaces de mort et bénéficient de dispositifs de sécurité renforcés.

En Colombie, il est courant que des groupes armés, qui se financent par des activités illégales telles que le trafic de drogue, l’exploitation minière et l’extorsion, tentent d’exercer une pression violente sur les élections, locales et nationales.

Par Le360 (avec AFP)
Le 26/04/2026 à 07h30