Flavio Bolsonaro lui-même n’a pas reconnu formellement sa défaite. S’il a renoncé à demander l’annulation de l’élection, il a affirmé qu’il solliciterait de la justice l’invalidation de la candidature de Lula pour «abus de pouvoir» économique et politique.
Au Brésil, Lula a demandé ce mercredi au Tribunal supérieur électoral d'invalider la candidature de Flavio Bolsonaro, l'accusant d'abus de pouvoir économique et d'utilisation abusive des réseaux sociaux. https://t.co/kwDpHRkX26
— Blick Actualité & Sport (@Blick_media) October 22, 2026
Luiz Inacio Lula da Silva, qui fêtera ses 81 ans mardi, a, contre toute attente, comblé son retard du premier tour et décroché un quatrième mandat inédit. Le plus grand pays d’Amérique latine reste à gauche dans une région qui penche majoritairement à droite.
Le président sortant a devancé de quatre points le fils de l’ancien président d’extrême droite Jair Bolsonaro, allié de Donald Trump, après avoir réussi à galvaniser la gauche dans la rue et sur les réseaux sociaux.
À contre-courant des dirigeants des principales puissances du monde, le président américain a qualifié sa victoire de «lamentable».
«Franchement, cela a rappelé une autre élection truquée... c’était tellement corrompu, tellement lamentable», a-t-il dit aux journalistes à Washington.
«Nous reconnaissons le résultat de l’élection présidentielle proclamé par le Tribunal supérieur électoral», a néanmoins annoncé le parti libéral de Flavio Bolsonaro dans un communiqué, tout en demandant des «éclaircissements» sur l’impact des aides sociales approuvées par Lula pendant la campagne.
🇧🇷 Die brasilianische liberale Partei (PL), von der der unterlegene Präsidentschaftskandidat Flavio Bolsonaro angetreten war, hat den Wahlsieg von Lula anerkannt. https://t.co/HfD1kDHF4j
— Nachrichten (@NewsFokus) October 27, 2026
«Résister au chaos»
Dès dimanche soir, Flavio Bolsonaro avait crié à la «magouille» et réclamé l’annulation du scrutin, prolongée de deux heures à la demande de Lula, qui avait affirmé que des électeurs avaient été empêchés de se rendre aux urnes.
Mais le candidat de droite avait fait une demande similaire en raison de fortes pluies dans deux régions.
Les événements rappellent la réaction de son père en 2022.
Jair Bolsonaro n’a jamais reconnu sa défaite face à Lula au second tour cette année-là et a été condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d’État.
Le président du tribunal électoral, Kassio Nunes Marques, un magistrat nommé par Jair Bolsonaro, a contredit les affirmations du sénateur de droite: il a salué les «élections réussies» et a affirmé que la prolongation du vote n’avait pas affecté le résultat.
Flavio Bolsonaro a par ailleurs annoncé lundi avoir été sommé de remettre ses passeports aux autorités et s’être vu interdit par un juge de quitter le pays.
Flavio Bolsonaro a déclaré qu’un juge de la Cour de justice fédérale lui avait interdit de quitter le Brésil, au lendemain de sa défaite à l’élection présidentielle. « On m’a signifié une ordonnance m’enjoignant de remettre mes passeports, et il m’est également interdit de quitter le pays », a-t-il indiqué dans une vidéo publiée lundi sur Instagram Bolsonaro, fils de l’ancien dirigeant emprisonné Jair Bolsonaro, dénonce « une tentative évidente de m’intimider ». Il fait l’objet d’une enquête pour corruption présumée et blanchiment d’argent dans le cadre du financement d’un film biographique consacré à son père. Il nie toute malversation
— TRT Afrika Français (@trtafrikaFR) October 27, 2026
Le parlementaire de 45 ans est visé par une enquête pour des soupçons de corruption en lien avec le financement d’un film consacré à son père.
Pour le politologue Oliver Stuenkel, l’écart de voix entre les deux candidats «a été assez considérable» et il sera donc «très difficile» pour Flavio Bolsonaro de «convaincre les électeurs que le résultat est dû à une fraude électorale».
La Bourse dévisse
L’Union européenne, la France, l’Espagne, mais aussi la Russie, la Chine et l’Inde ont adressé leurs vœux au président brésilien.
«La démocratie et le multilatéralisme ont gagné au Brésil», s’est félicitée la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen à propos de la victoire de son «ami» Lula.
Congratulations to my friend @LulaOficial on his electoral victory. Democracy and multilateralism have won in Brazil. Europe’s partnership with Brazil is thriving. We will remain by your side for the years to come. Together we will keep working closely for free and open trade. A rules-based global order. And strong ambitions for our climate.
— Ursula von der Leyen (@vonderleyen) October 26, 2026
Le président français Emmanuel Macron a appelé à faire «vivre l’amitié entre nos deux pays au service d’un monde plus juste» face aux «grands défis de notre temps».
Toutes mes félicitations @LulaOficial pour ta réélection. La France et le Brésil ont beaucoup à construire ensemble. Face aux grands défis de notre temps, renforçons notre partenariat stratégique et faisons vivre l’amitié entre nos deux pays au service d’un monde plus juste.
— Emmanuel Macron (@EmmanuelMacron) October 26, 2026
Lula a été chaudement félicité par la gauche au pouvoir en Amérique latine, dont la Mexicaine Claudia Sheinbaum, le Cubain Miguel Diaz-Canel et le ministère vénézuélien des Affaires étrangères.
Hablamos hoy con el presidente Lula. Mucha alegría por su triunfo. Acordamos reunirnos pronto.
— Claudia Sheinbaum Pardo (@Claudiashein) October 27, 2026
Mais aussi par des pays dirigés par la droite, dont le Chili, le Pérou ou l’Équateur, qui ont assuré vouloir continuer à travailler à des objectifs communs avec le géant de la région.
Réagissant à la victoire inédite de l’ancien leader syndical, les marchés brésiliens ont chuté de près de 17% à l’ouverture lundi et fermé en baisse de près de 14%. Concernant les devises, le dollar s’est envolé face au réal.
Lula a promis davantage de dépenses publiques pour les programmes sociaux, à un moment où la dette publique s’envole.
Le scrutin «a réservé une mauvaise surprise aux marchés», a expliqué Graham Stock, stratège chez RBC BlueBay. Selon lui, «le principal signal attendu par les marchés sera l’engagement du prochain gouvernement Lula en faveur de la discipline budgétaire».




