C’est en 2017, à Hambourg, en Allemagne, que le phénomène Hyrox a vu le jour sous la forme d’un concept sportif hybride, combinant endurance et force. Dans les salles traditionnelles de fitness, où l’on pratique le bodybuilding ou le crossfit, le nouveau venu séduit.
Créé par Christian Toetzke, un entrepreneur spécialisé dans l’événementiel sportif, et Moritz Fürste, champion du monde de hockey sur gazon, l’Hyrox repose en effet sur un principe simple mais redoutablement exigeant: huit kilomètres de course, entrecoupés de huit stations d’exercices fonctionnels. Dans le détail, chaque participant doit enchaîner des ateliers standardisés entre chaque kilomètre parcouru. S’enchaînent alors SkiErg, poussée et traction de traîneau lesté, burpees sautés, rameur, farmer carry, fentes avec charges et wall balls... Ça vous rappelle le CrossFit? D’une certaine manière, peut-être, mais les deux disciplines ne sont en réalité pas comparables.
CrossFit ou Hyrox?
Alors comment distinguer l’une de l’autre? Dans la philosophie de la pratique! Ça paraît flou, amené comme ça, mais ça ne l’est pas. Car si le CrossFit privilégie la variété et l’imprévu, l’Hyrox prône au contraire la standardisation et la performance mesurable. Plus précisément, le CrossFit repose sur des entraînements très variés, appelés WOD (Workout of the Day), avec un programme qui change à chaque séance. On alterne ainsi haltérophilie, gymnastique, cardio, corde à sauter, tractions, box jumps, handstand push-ups, etc. L’objectif étant de développer une condition physique globale en travaillant force, explosivité, endurance, agilité et coordination.
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Loin du côté imprévisible du CrossFit, l’Hyrox s’inscrit au contraire dans la répétition en adoptant un seul et même format, pratiqué de la même manière, dans un ordre identique à travers le monde. Le but affiché par ce programme n’est pas la technicité, mais la capacité à tenir l’effort sur la durée. Objectif ultime rendu possible par ce format standardisé: permettre aux athlètes du monde entier de comparer leurs chronos, leur classement mondial et leur progression. Ainsi, un athlète qui court à Paris, Turin ou Melbourne affronte exactement le même parcours.
Cette reproductibilité, qui permet des classements mondiaux, des qualifications internationales et surtout une progression mesurable, est devenue l’un des principaux moteurs de la popularité de l’Hyrox. À titre d’exemple, selon le site officiel de HYROX, plus de 80 courses étaient programmées dans le monde en 2025, avec plus de 550.000 athlètes engagés. L’organisation revendique également plus de 650.000 participants à l’échelle internationale, confirmant l’ampleur du phénomène, dont le slogan résume l’esprit et explique le succès: «The fitness race for every body», autrement dit, la promesse d’une compétition accessible sans être élitiste.
Marrakech et Casablanca, les premiers foyers marocains
La France a vu l’explosion du phénomène dès 2023, avec des compétitions à guichets fermés, dont la plus impressionnante est celle qui vient de réunir au Grand Palais, à Paris, du 23 au 27 avril 2026, plus de 22.000 participants venus concourir dans le cadre de la deuxième édition de l’événement Maybelline HYROX Paris Grand Palais. Preuve d’une progression fulgurante de ce sport, la première édition de l’événement comptait l’année dernière quelque 10.000 participants. S’ajoutent à cela une multiplication rapide des salles affiliées à travers le monde, y compris au Maroc, où l’on observe aujourd’hui les premiers signes d’une implantation bien structurée, en particulier à Marrakech et Casablanca.
Si Casablanca compte plusieurs structures sportives intégrant à leur programme des sessions Hyrox, à Marrakech, ville du wellness haut de gamme et du sport expérientiel, s’organisent désormais des séjours premium concoctés autour de cette discipline. À titre d’exemple, «Hyrox & CrossFit à Marrakech» est un nouveau genre de séjour vendu depuis l’étranger, mêlant entraînement intensif, coaching d’experts internationaux et immersion lifestyle.
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Ainsi, à partir de 2.076 euros par personne, on propose un «séjour d’exception» d’une durée de huit jours à Marrakech, au cours desquels se conjugueront «sport, bien-être et culture dans une atmosphère raffinée». Un séjour «pensé pour les amoureux de performance et d’authenticité», qui permettra aux voyageurs sportifs de découvrir «les meilleurs clubs de CrossFit et Hyrox de la ville, aux côtés de coachs d’élite, pour des entraînements variés et stimulants». Côté confort, on promet un véhicule avec chauffeur privé, des balades dans les souks colorés, des délices culinaires marocains et la splendeur des palais et des jardins.
Un programme décrit comme «haut de gamme», un voyage «unique» qui «marie l’exigence physique à la douceur orientale, pour un parfait équilibre entre défi sportif, détente et immersion culturelle».
Preuve que la chose est prise très au sérieux au Maroc, le pays compte déjà un premier champion marocain dans cette discipline. Hamza Najih a en effet remporté la première place de la compétition internationale HYROX organisée à Turin, en Italie, dans la catégorie 16-24 ans, face à des centaines de concurrents venus de plus de vingt pays. Âgé de 22 ans, il a terminé l’épreuve en 1 heure et 33 secondes, devant le Français Louka Pinard et l’Italien Enrico Falconi.




