Tubes et tuyaux en acier: le Maroc ouvre une enquête pour prolonger la mesure de sauvegarde

Des tubes métalliques.

À quelques mois de l’expiration de la mesure de sauvegarde appliquée aux importations de tubes et tuyaux en fer ou en acier, le ministère de l’Industrie et du Commerce ouvre une enquête de réexamen en vue d’une éventuelle prorogation du dispositif.

Le 16/06/2026 à 13h41

Le ministère de l’Industrie et du Commerce vient de lancer une enquête de réexamen pour une éventuelle prorogation de la mesure de sauvegarde appliquée aux importations de tubes et tuyaux en fer ou en acier.

Cette procédure est ouverte à compter du 17 juin 2026 à la demande de neuf producteurs nationaux représentant 96% de la production locale, à quelques mois de l’expiration de la mesure actuelle qui arrive à échéance le 5 novembre 2026.

La requête a été déposée par l’association de fabricants de tubes et de profilés en acier du Maroc qui estime que le dispositif de protection reste indispensable pour permettre à la branche nationale de finaliser ses ajustements et retrouver pleinement sa compétitivité.

La mesure de sauvegarde initiale avait été instaurée le 6 novembre 2020, pour une durée de trois ans, sous la forme d’un droit additionnel de 25%, réduit d’un point de pourcentage chaque année.

Cette mesure a été prorogée, le 14 décembre 2023, pour trois années supplémentaires, avec un taux de départ porté à 22%, dégressif jusqu’à 20% lors de la dernière année d’application.

Les produits concernés sont les tubes soudés en fer ou en acier, de forme conique ou pyramidale, à section circulaire, carrée ou rectangulaire.

Une industrie encore fragile

Dans leur requête, les neuf sociétés (Longofer, Comaprom, Maroc Fer, Tubes et Profil, Sofafer, Distrifer, SMM Socodam Davum, Unpipie & Profil et Batifer) estiment que «le dommage grave causé par les importations commence à se dissiper mais n’est pas totalement réparé». En effet, expliquent-elles, la situation de la branche de la production nationale reste «éminemment fragile» et incapable de faire face à la pression concurrentielle des importations en l’absence de la mesure.

Les sociétés requérantes soulignent également que les ajustements visant à améliorer leur compétitivité sont encore en cours de finalisation. Par ailleurs, elles mettent en garde contre une probable accentuation des pressions importatrices, en raison de l’augmentation des capacités de production mondiales dans la sidérurgie et de l’adoption de mesures de défense commerciale par plusieurs pays pour protéger leurs propres industries.

Les parties intéressées disposent d’un délai de trente jours à compter de l’ouverture de l’enquête, soit jusqu’au 22 juillet 2026, pour se faire connaître et présenter leurs observations écrites.

Le ministère de l’Industrie et du Commerce adressera, à cet effet, des questionnaires aux producteurs nationaux, aux importateurs et aux exportateurs étrangers identifiés dans la requête. Les demandes d’audition sont également possibles, à condition d’être formulées par écrit et dûment motivées.

Par Lahcen Oudoud
Le 16/06/2026 à 13h41