Tourisme: le Maroc consolide son attractivité mondiale, mais cherche encore à créer de la valeur ajoutée

Le Maroc doit encore renforcer son capital humain et faire en sorte que l’afflux de touristes profite davantage à l’économie locale et à la population.

Revue de presseLe Forum économique mondial a dévoilé son indice de développement du voyage et du tourisme pour 2026. Si le Royaume confirme sa stature de destination incontournable, porté par une forte volonté politique et des records de fréquentation, il doit relever le défi de l’impact socio-économique et du capital humain pour transformer les flux touristiques en prospérité durable. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 27/09/2026 à 19h19

À l’occasion du Beyond Tourism Day, le Forum économique mondial a dévoilé l’édition 2026 du Travel & Tourism Development Index, qui met en lumière la consolidation du secteur au Maroc. Classé au 70e rang mondial et rangé parmi les économies à revenu intermédiaire de la tranche inférieure dans la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, le pays parvient à compenser ses difficultés structurelles en matière de capital humain grâce à la priorité accordée au tourisme par l’État et au poids du secteur dans l’économie. «Face à l’émergence de nouvelles puissances touristiques, le défi porte désormais sur la création de valeur, au-delà de la seule attraction des visiteurs», indique L’Économiste dans son édition du lundi 28 septembre.

L’analyse des piliers de cette édition révèle un contraste saisissant. Le score global du Maroc atteint 3,84 sur 7, en progression de 5,5% depuis 2024 et de 3,9% par rapport à 2019. Cette dynamique est principalement portée par la vision stratégique de l’État. La dimension consacrée aux politiques et aux conditions du secteur se classe ainsi au 48e rang mondial, un résultat attribué à la qualité de la gouvernance et à un engagement politique soutenu en matière de dépenses publiques. Le pays bénéficie également d’un climat des affaires solide (60e), d’une ouverture remarquable (43e) et d’indicateurs de sécurité rassurants (50e) pour les investisseurs et les voyageurs.

Sur le plan économique, le voyage et le tourisme s’affirment comme un secteur vital. En 2025, le Maroc a accueilli 19,79 millions de touristes internationaux, générant 14,82 milliards de dollars de recettes. Le PIB direct du secteur atteint 9,75 milliards de dollars, soit 5,9 % de la richesse nationale. «Il soutient par ailleurs 666 000 emplois, représentant 6,1 % de l’emploi total. Les dépenses touristiques domestiques, qui comptent pour 30,4 % des dépenses internes, constituent un facteur de résilience face à la volatilité de la demande internationale», souligne L’Économiste.

Cependant, cette ambition se heurte à des vulnérabilités structurelles. Le Maroc se classe au 101e rang mondial pour le capital humain et le marché du travail. Son impact socio-économique, classé au 107e rang, constitue un frein majeur pour une destination qui cherche à transformer les flux de visiteurs en prospérité locale durable. Le pays s’appuie néanmoins sur ses infrastructures de transport aérien (50e), ses réseaux terrestres et portuaires (64e), ainsi que sur son offre d’hébergement et d’investissement (65e). Son classement en matière de technologies de l’information et de la communication (79e), de santé et d’hygiène (86e) rappelle toutefois la nécessité d’une montée en gamme. Le Royaume se distingue, en revanche, par ses ressources culturelles, classées au 20e rang mondial.

À l’échelle régionale, le Maroc dépasse la moyenne de sa sous-région nord-africaine, établie à 3,74, tout en restant légèrement en deçà de celle de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord, qui atteint 3,98 sous l’effet des investissements massifs des économies du Golfe. Comme l’Égypte (3,97), le Royaume fait figure de locomotive touristique en Afrique du Nord. Il doit toutefois composer avec une compétitivité-prix (56e) qui s’érode progressivement, selon une tendance mondiale relevée par les experts. Malgré ces difficultés, la durabilité de la demande (54e) et la préservation environnementale (63e) témoignent de sa capacité à gérer les flux touristiques. «Le redressement de l’impact socio-économique demeure néanmoins urgent pour pérenniser son modèle», écrit L’Économiste

Par La Rédaction
Le 27/09/2026 à 19h19