Streaming: la guerre de l’audience, le défi de la rentabilité

L’essor fulgurant de plateformes comme Netflix, YouTube ou TikTok bouleverse radicalement les habitudes de consommation médiatique.. DR

Revue de presseAlors que près de 92% des Marocains sont désormais connectés, l’essor fulgurant de plateformes comme Netflix, YouTube ou TikTok bouleverse radicalement les habitudes de consommation médiatique. Face à une culture de la gratuité encore tenace, le principal défi des médias traditionnels et des créateurs de contenus consiste désormais à convertir cette audience numérique en revenus durables. Cet article est une revue de presse tirée de Finances News.

Le 28/06/2026 à 19h56

Au Maroc, le paysage médiatique traverse une transformation radicale, portée par l’essor fulgurant de plateformes telles que Netflix, YouTube, TikTok, Spotify et Shahid. La télévision traditionnelle cède progressivement la place à une consommation à la demande, sur smartphone ou écran connecté, soutenue par une infrastructure technologique en pleine expansion. Selon les données de DataReportal, le pays comptait 35,3 millions d’internautes au début de 2025, affichant un taux de pénétration de 92,2%. «De son côté, l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) recensait 31,5 millions d’usagers en 2024, soit une progression de 22,5% par rapport à 2019», rapporte le magazine Finances News Hebdo.

Cette transition numérique redéfinit les règles de l’attention. Les réseaux sociaux et la vidéo en ligne captent désormais une part prépondérante du temps d’écran, avec 21,3 millions d’identités actives sur les réseaux sociaux au début de 2025. Instagram rassemble près de 15,9 millions d’utilisateurs, tandis que TikTok séduit 14,6 millions d’adultes. Dans ce contexte, l’information, le divertissement et le sport se consomment sous forme de formats courts et de recommandations algorithmiques personnalisées. Cette mutation fait écho aux observations de Neal Mohan, directeur général de YouTube, qui qualifie la plateforme de «nouvelle télévision» et compare les créateurs de contenus à de véritables start-up du divertissement, capables de rivaliser avec les industries traditionnelles.

Pourtant, capter l’audience ne garantit pas automatiquement sa monétisation. Les opérateurs internationaux tentent d’adapter leurs grilles tarifaires au pouvoir d’achat local, à l’image de Netflix, dont les abonnements oscillent entre 35 et 95 dirhams par mois, ou de Spotify, qui propose des offres à partir de 23 dirhams pour les étudiants. Malgré ces ajustements, les acteurs du secteur se heurtent à une culture de la gratuité solidement ancrée et à la persistance du piratage. «Si les usagers consentent à financer leur connexion internet, l’accumulation d’abonnements payants à des services de musique, de sport ou de cinéma suscite encore d’importantes réticences, tant économiques que culturelles», écrit Finances News.

L’essor de la monétique pourrait néanmoins accélérer ce changement de paradigme. Avec plus de 21 millions de cartes bancaires en circulation à la fin de 2025 et une croissance continue des transactions numériques, les barrières techniques au paiement en ligne s’estompent.

Pour les médias marocains traditionnels, l’enjeu est double : préserver leur audience et maintenir un lien direct avec un public qui privilégie désormais le contenu ou le créateur plutôt que la marque médiatique. Si la crédibilité et la capacité d’analyse demeurent des atouts majeurs pour les éditeurs historiques, leur pérennité dépendra de leur aptitude à adapter leurs formats aux nouveaux usages. Le Maroc bascule ainsi vers une économie du contenu, où le principal défi n’est plus seulement de capter l’attention des internautes, mais de transformer une connectivité quasi généralisée en revenus pérennes.

Par La Rédaction
Le 28/06/2026 à 19h56