Rupture des autorisations de transport vers les Pays-Bas: des négociations en cours pour débloquer la situation

Des camions de transport international routier (TIR).  . DR

Des représentants du ministère de tutelle et des professionnels du Transport international routier (TIR) se sont réunis mardi dernier à Rabat pour statuer sur les conditions exigées par les Pays-Bas pour accorder une rallonge d’autorisations aux routiers marocains, étant donné que le contingent fixé pour 2021 a expiré à la fin de septembre dernier.

Le 18/11/2021 à 10h39

Le360 vous l'annonçait, les professionnels marocains du Transport international routier (TIR) ne sont plus en mesure de servir le marché hollandais, puisque le contingent marocain des autorisations bilatérales entre les deux pays a expiré depuis la fin du mois de septembre dernier.

Un responsable au ministère des Transports, qui a bien voulu apporter de plus amples précisions, a expliqué que l’insuffisance du contingent des autorisations bilatérales avec certains pays européens est le résultat logique de la montée en puissance du TIR marocain. Chaque année, le pavillon national croit à deux chiffres, a indiqué cette source, ayant requis l'anonymat, ajoutant que la crise sanitaire induite par le Covid-19 a été l'un des facteurs de cette situation. Celle-ci a eu pour effet de dissuader les transporteurs étrangers, qui ont dû réduire la fréquence de leurs rotations, ce qui a entraîné une hausse significative de l’activité du pavillon marocain.

En ce qui concerne les Pays-Bas, cet interlocuteur a précisé que les quotas ont déjà été relevés pour l’année 2021, atteignant 6.600 camions, contre 3.400 une année auparavant. Mais cette hausse ne semble pas, encore une fois, suffire aux besoins des opérateurs marocains.

Le Maroc étant donc arrivé à saturation pour le contingent de 2021, les autorités néerlandaises ont été saisies, en vue d’une "rallonge" d’autorisations pour couvrir le reste de l’année 2021.

Il faut savoir néanmoins que quel que soit le pays (Pays-Bas, Belgique, Espagne ou France), l’attribution de tout supplément est soumise à une négociation, dans laquelle le pays sollicité exige une contrepartie. Celle-ci peut prendre différents formes: autoriser l’entrée des camions à vide, tolérer la coexistence d'un tracteur et d'une remorque issus de deux pays différents, etc.

Mardi dernier, 16 novembre 2021 au matin, des représentants du ministère de tutelle et des opérateurs marocains se sont réunis à Rabat pour statuer sur les conditions proposées par les Pays-Bas, avant d'accorder cette "rallonge" d’autorisations.

"Les autorités néerlandaises peuvent accorder cette 'rallonge' avant la tenue de la commission mixte TIR entre les deux pays, prévue avant la fin de l’année", a expliqué, à ce propos, la source que Le360 a interrogée.

Notre interlocuteur a tenu toutefois à être rassurant sur le fait que le trafic de fret avec les Pays-Bas n'allait pas s’arrêter. En effet, a-t-il indiqué, même si le contingent des autorisations au voyage (valables pour un seul voyage et pour une durée de trois mois) a expiré, les routiers marocains peuvent toujours faire appel aux services de leurs confrères détenteurs d'autorisations dites "à temps" (valables pour un nombre indéterminé de voyages et dont la durée de validité est d’un an). Sachez enfin qu'environ 100 autorisations à temps, communément appelées dans le jargon des routiers des "carnets", ont été attribuées à des entreprises marocaines en cette année 2021.

Par Wadie El Mouden
Le 18/11/2021 à 10h39