Routes: 380 milliards de dirhams pour moderniser 48 000 km de chaussées

Réhabilitation des axes routiers à Tanger-Assilah et Fahs-Anjra. (S.Kadry/Le360)

Revue de presseAlors que l’investissement public a bondi de 65% entre 2021 et 2026 pour atteindre 380 milliards de dirhams, la Direction générale des Routes lance la refonte de son manuel technique de dimensionnement, inchangé depuis 34 ans. L’objectif est d’optimiser les 3 milliards de dirhams de budget d’entretien annuel et de faire passer la part du réseau en bon état de 66 à 80% d’ici 2030. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Les Inspirations Eco.

Le 25/06/2026 à 18h53

Face à la récurrence des critiques des usagers sur la prolifération des nids-de-poule et des ornières, la Direction générale des Routes passe à l’offensive méthodologique. Elle vient de lancer un appel d’offres international pour refondre son manuel de renforcement des chaussées revêtues. Un document technique capital, mais totalement obsolète, puisqu’il date de 1992. Trente-quatre ans plus tard, cet outil montre ses limites face à l’explosion du trafic routier, à l’augmentation du poids des camions, à l’apparition de nouveaux matériaux et, surtout, aux effets du changement climatique.

«Ce décalage technique se traduit sur le terrain par des réparations mal calibrées et des dégradations prématurées, nuisant à la sécurité routière et à la durabilité des infrastructures», indique le quotidien Les Inspirations Eco du 26 juin.

Cette modernisation intervient alors que le Maroc consent un effort budgétaire historique pour ses infrastructures. Entre 2021 et 2026, l’investissement public est passé de 230 à 380 milliards de dirhams, soit un bond de 65%. Cet élan a permis d’étendre le réseau des voies express à près de 2 300 km à fin 2025, marqué par des projets d’envergure comme les axes Tiznit-Dakhla et Fès-Taounate.

Le réseau autoroutier atteint quant à lui 1 800 km, avec la finalisation de l’axe Tit Mellil-Berrechid et le lancement de l’autoroute continentale Rabat-Casablanca pour un montant de 6 milliards de dirhams. «Pourtant, malgré ces investissements colossaux, l’Observatoire du travail gouvernemental pointe une crise de confiance persistante entre les chiffres officiels et le ressenti des automobilistes», note Les Inspirations Eco. Le problème s’avère donc moins budgétaire que méthodologique.

Le chantier de refonte, prévu sur douze mois, s’articulera autour d’un diagnostic rigoureux, d’une étude comparative internationale centrée sur les pratiques méditerranéennes et africaines, et d’une analyse statistique des données d’auscultation des routes. L’objectif est d’aboutir à un catalogue opérationnel de structures de renforcement sous forme de matrices. Ce nouvel outil permettra aux ingénieurs de standardiser les diagnostics et d’adapter les solutions en fonction de la nature des sols, du trafic et des contraintes spécifiques, comme les traversées d’agglomérations ou les abords d’ouvrages d’art.

Les enjeux financiers sont tout aussi cruciaux. Si le ministère de l’Équipement consacre déjà 3 milliards de dirhams par an à l’entretien du réseau, son ministre, Nizar Baraka, concède que ces enveloppes demeurent insuffisantes. Un outil de calcul plus précis permettra d’éviter le double écueil du sous-dimensionnement, qui accélère l’usure des routes, et du surdimensionnement, synonyme de gaspillage des deniers publics.

À l’approche de la Coupe du monde 2030, cet impératif de mise à niveau devient urgent. Le Maroc, qui possède un patrimoine routier de 48 000 km de routes bitumées, estimé à plus de 300 milliards de dirhams, affiche d’importantes disparités entre des autoroutes d’excellent niveau et des axes secondaires souffrant d’un manque d’entretien. Actuellement, 66% du réseau est jugé en bon ou excellent état.

L’ambition affichée est d’atteindre un objectif intermédiaire de 65% à fin 2026, pour viser 80% à l’horizon 2030. Parallèlement, le réseau autoroutier devra s’enrichir de 1 200 km supplémentaires pour se conformer aux orientations royales fixant le cap à 3 000 km. «Dans cette course contre la montre infrastructurelle, le futur guide technique s’impose comme la clé de voûte de la durabilité du réseau marocain», conclut Les Inspirations Eco.

Par La Rédaction
Le 25/06/2026 à 18h53