L’intelligence artificielle au cœur de la refonte du marché du travail

Illustration représentant l'intelligence artificielle.

Revue de presseRéunis à Casablanca, chefs d’entreprise et experts ont débattu des bouleversements majeurs de l’IA générative sur les compétences et l’emploi. Alors que près de 1,5 million de postes pourraient être profondément transformés au Maroc d’ici 2030, l’enjeu consiste désormais à anticiper cette transition afin de faire de cette technologie un levier de croissance responsable, centré sur l’humain. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Économiste.

Le 29/06/2026 à 19h59

L’intelligence artificielle générative bouleverse profondément le marché du travail en automatisant de nombreuses tâches, provoquant à la fois la disparition de métiers traditionnels et l’émergence de nouvelles spécialités. Face à ces mutations, la nécessité de maintenir cette technologie au service de l’humain est devenue centrale. Ce sujet a réuni chefs d’entreprise, experts et responsables des ressources humaines lors d’une conférence organisée par la BMCI, en partenariat avec l’École Centrale Casablanca, consacrée aux enjeux et aux opportunités de l’IA dans le monde professionnel, écrit le quotidien L’Économiste dans son édition du mardi 30 juin.

Pour Hicham Seffa, président du directoire de la BMCI, l’intégration de l’IA s’impose comme un levier stratégique incontournable pour réinventer le recrutement et l’accompagnement des clients, sous peine de se laisser dépasser par la dynamique mondiale. Le dirigeant prône toutefois une adoption responsable et utile, capable de valoriser les talents et de renforcer la compétitivité des entreprises. Il souligne que le Maroc dispose d’atouts majeurs, notamment grâce à ses écoles d’excellence et à un écosystème entrepreneurial innovant, pour transformer cette révolution technologique en accélérateur de développement national.

Au-delà de la sphère managériale, l’IA représente un défi académique et géostratégique majeur. Zouhair Lakhdissi, vice-président du Centre africain des études stratégiques et de la digitalisation (CAESD) et fondateur d’AI Crafters, cite l’exemple de la Chine, qui a restructuré près de 30 % de son cursus universitaire entre 2021 et 2025 en supprimant des milliers de filières au profit de programmes axés sur l’IA et la robotique. L’expert rappelle également la dimension de souveraineté nationale liée à ces technologies, illustrée par les récentes restrictions américaines bloquant l’accès des utilisateurs étrangers aux modèles les plus puissants d’Anthropic, afin de prévenir l’espionnage industriel et de protéger la sécurité nationale, lit-on dans L’Économiste.

À l’échelle du Maroc, l’impact sur l’emploi s’annonce considérable d’ici à 2030. Selon une étude du CAESD, environ 14 % des emplois actuels seront concernés par cette transition. Près de 1,5 million de postes pourraient connaître une transformation profonde, avec la disparition potentielle de 80 % des tâches qui leur sont associées, tandis que 3,1 millions d’emplois subiraient une pression modérée. Les secteurs de l’offshoring, de la banque, de l’automobile et du textile figurent parmi les plus exposés, les jeunes et les femmes risquant d’être particulièrement touchés par cette automatisation.

Néanmoins, cette transition devrait également générer la création de 180 000 nouveaux emplois à l’horizon 2030. L’enjeu réside désormais dans la formation continue et l’adaptation des compétences. Si l’IA est appelée à prendre en charge les tâches répétitives, telles que la saisie de données ou le reporting, les experts s’accordent à dire que l’humain conservera un rôle indispensable de contrôle, de supervision et de prise de décision, garantissant ainsi la fiabilité du système face aux risques d’erreur de la machine.

Par La Rédaction
Le 29/06/2026 à 19h59