Intelligence artificielle: le plaidoyer d’André Azoulay face aux dérives du tout-technologique

André Azoulay, conseiller du Roi. (Y.Jaoual/Le360)

L’intelligence artificielle ne peut se penser sans conscience collective. À Fès, André Azoulay a appelé chercheurs, étudiants et décideurs à inscrire les transformations numériques dans une logique de responsabilité, rappelant la vigilance historique du Maroc face aux grandes mutations.

Le 28/04/2026 à 13h08

«L’Histoire jugera notre capacité à donner du sens à la puissance des technologies, marqueur pérenne et récurent de l’histoire de l’humanité», a déclaré, lundi à Fès, André Azoulay, conseiller du Roi, en ouverture des travaux des Rencontres de l’Université Euromed dédiées cette année à la place de «l’humain face à l’intelligence artificielle».

S’exprimant devant près de 2.000 participants et un parterre impressionnant de personnalités politiques, de chercheurs et d’étudiants, André Azoulay s’est félicité de voir l’université marocaine «à Fès et ailleurs mobilisée pour donner au Maroc la capacité de maîtriser, d’intégrer et d’optimiser la profonde mutation à laquelle se préparent nos sociétés confrontées à la révolution technologique de l’intelligence artificielle».

«Le fait que notre rencontre d’aujourd’hui soit le fruit d’un partenariat avec l’Alliance des civilisations des Nations unies ne doit rien au hasard», a souligné le conseiller du Roi, en rappelant que «fort du leadership éclairé de SM le roi Mohammed VI, le Maroc saura une fois encore ne laisser passer aucun des rendez-vous que la science et technologie donnent à la Communauté des Nations». Et d’ajouter: «Mais je suis convaincu qu’il saura avec la même détermination ne rien céder sur l’éthique et les valeurs humanistes qui sont le legs le plus précieux de notre histoire et qui, aujourd’hui comme hier, et comme cela le sera demain dans le monde de l’IA, continueront de nourrir et d’inspirer la civilisation marocaine».

«J’ai le privilège et la chance d’appartenir à une nation et à un peuple qui, au fil des siècles, sont rarement restés indifférents aux mutations et aux progrès qui ont fait évoluer nos humanités, mais le Maroc l’a fait à sa façon, volontariste et vigilant sur la permanence des fondements humanistes de notre identité et de notre histoire», a rappelé André Azoulay.

«Il serait éminemment dangereux de céder aux tentations d’un déterminisme qui serait exclusivement technologique», a ajouté le conseiller du Roi, en rappelant dans cette perspective qu’«il revient à chacun d’entre nous d’aider à ce que notre avenir numérique soit aussi celui de la consolidation des valeurs qui restent sur la durée le marqueur le plus légitime et le plus déterminant du progrès».

«En ce mois d’avril 2026, dans un temps et dans un espace assiégés par les conflits, on comprend mieux que jamais que la Paix n’est pas un algorithme, mais les algorithmes peuvent et doivent devenir notre programmation collective la plus exigeante, la plus consensuelle et la plus exaltante en donnant une fois encore à la Science la prééminence de la consolidation et de l’approfondissement des valeurs qui ont été et qui restent le corollaire le plus direct du progrès», a conclu André Azoulay, en soulignant que «le Maroc continuera à faire des acquis de sa civilisation le réacteur central de sa modernité et que les centaines d’étudiants réunis autour de nous aujourd’hui par l’Université Euromed de Fès incarnent mieux que quiconque les promesses marocaines du jour d’après».

Par Le360 (avec MAP)
Le 28/04/2026 à 13h08