L’intérêt manifesté par le groupe polonais KGHM pour le Maroc marque une étape significative dans le positionnement du Royaume en tant qu’acteur de la transition énergétique mondiale. En confirmant que le septième producteur mondial de cuivre étudie des opportunités d’acquisition dans le pays, son président-directeur général, Remigiusz Paszkiewicz, envoie un signal fort aux marchés financiers et industriels. Le Maroc ne se positionne plus seulement comme un territoire d’exploration, mais s’impose désormais comme un maillon central des chaînes de valeur des métaux critiques, indique le quotidien Les Inspirations Éco.
Cette démarche concrétise une dynamique amorcée au printemps dernier. En avril, KGHM avait signé un protocole d’accord avec l’Office national des hydrocarbures et des mines (ONHYM) et le groupe Managem afin de prospecter le potentiel en cuivre et autres minerais stratégiques du pays. Une mission de géologues polonais s’est depuis rendue sur place pour évaluer la viabilité économique des gisements et leur compatibilité avec l’appareil industriel du géant minier.
Pour la compagnie européenne, qui est également le deuxième producteur mondial d’argent, l’enjeu consiste à sécuriser des approvisionnements à proximité de l’UE, dans un pays stable, doté d’infrastructures logistiques de premier plan. Pour le Maroc, l’arrivée potentielle d’un tel acteur coïncide avec une hausse massive de la demande locale en cuivre. Le pays accélère en effet sa transformation industrielle via l’électrification de sa filière automobile, son premier secteur exportateur, sachant qu’un véhicule électrique nécessite jusqu’à quatre fois plus de cuivre qu’un modèle thermique. Les ambitions marocaines dans les énergies renouvelables, l’hydrogène vert et les batteries accentuent cette tendance, tout comme les chantiers d’envergure liés à l’organisation de la Coupe du monde 2030 ou le déploiement des centres de données gourmands en infrastructures de connectivité, lit-on dans Les Inspirations Éco.
Au-delà de la simple extraction minière, ce rapprochement pourrait catalyser le développement d’un véritable écosystème industriel national. L’expertise de KGHM en matière de modélisation, d’automatisation et de procédés métallurgiques offre des perspectives de transfert de technologies majeures pour le tissu de PME et de compétences locales. L’enjeu à terme pour le Royaume réside dans sa capacité à transformer ces ressources sur son propre sol, du raffinage à la production de composants complexes, consolidant ainsi sa souveraineté industrielle et son intégration durable dans l’économie mondiale.




