La DGI passe à l’offensive et récupère plus de 230.000 identifiants fiscaux

Le Direction générale des impôts (DGI), à Rabat.

Revue de presseEntre la traque des entreprises inactives et la dématérialisation totale des procédures de création, l’administration fiscale marocaine accélère la mise à niveau du tissu entrepreneurial. En suspendant plus de 230.000 ICE en 2025, elle fait désormais de la conformité numérique le sésame indispensable pour pouvoir opérer sur le marché. Cet article est une revue de presse tirée de Challenge.

Le 15/07/2026 à 18h20

La Direction générale des impôts (DGI) marocaine opère une mutation profonde du tissu économique national. Loin de se limiter à son rôle traditionnel de collecteur de recettes, qui ont d’ailleurs atteint le niveau historique de 294,9 milliards de dirhams en 2025, l’administration fiscale s’impose désormais comme un véritable régulateur du marché. Son dernier rapport d’activité révèle une offensive d’envergure contre l’informel et les entités en sommeil, marquée par la récupération de plus de 230.000 Identifiants Communs de l’Entreprise (ICE), indique le magazine hebdomadaire Challenge.

Cette vaste opération d’assainissement repose sur un levier juridique issu de la Loi de finances 2023: le registre des entreprises inactives. Étendu en 2025 aux personnes physiques professionnelles, ce dispositif cible les structures n’ayant déposé aucune déclaration ni réalisé d’opération pendant trois exercices consécutifs. La procédure est sans concession. Après une notification de la DGI, l’entité défaillante dispose de trente jours pour régulariser sa situation ou officialiser sa cessation d’activité. Passé ce délai, la radiation du registre entraîne la perte de l’ICE. Privée de ce précieux sésame, l’entreprise se retrouve de facto exclue du circuit économique, puisqu’il lui devient impossible de facturer, de soumissionner aux marchés publics ou même d’accéder à ses comptes bancaires professionnels.

L’impact de cette mesure est massif. Sur les 230.488 identifiants récupérés, les personnes morales représentent 62% des cas, soit 142.961 sociétés, tandis que les professionnels indépendants comptent pour 38%, avec 87.527 cas. Ce coup de filet fiscal témoigne de l’ampleur du phénomène des entreprises surnommées les «zombies», qui encombraient les fichiers administratifs. Pour de nombreux opérateurs, parfois inactifs depuis la crise sanitaire, cette injonction a agi comme un électrochoc, les contraignant à s’acquitter de leurs obligations manquantes pour préserver leur existence légale, écrit Challenge.

En parallèle de cette politique de rigueur, l’administration joue la carte de la simplification pour encourager l’adhésion volontaire au secteur formel. Grâce à la généralisation de la plateforme Direct Entreprise dans l’ensemble des tribunaux du Royaume, la création d’entreprise est désormais entièrement numérisée. Un entrepreneur peut immatriculer sa société et obtenir son ICE en temps réel, sans aucun déplacement physique. Cette instantanéité vise à ancrer le réflexe de conformité dès le premier jour d’activité.

Cette double dynamique de contrôle et de numérisation transforme également les métiers du conseil. Les experts-comptables et avocats fiscalistes ne se limitent plus à la production de déclarations ou au traitement du contentieux. Ils interviennent désormais en amont comme des vigiles de la conformité, menant des audits de vulnérabilité pour éviter à leurs clients une déchéance fiscale soudaine. Les statistiques traduisent d’ailleurs cette effervescence, avec une hausse de 24% des réclamations en 2025, dont plus des trois quarts ont été traitées par l’administration en moins de trente jours.

Cette stratégie globale de modernisation vaut au Maroc une reconnaissance accrue sur la scène internationale. En 2025, quatorze indicateurs de l’évaluation TADAT du FMI ont atteint la note maximale, tandis que le pays s’est vu confier la vice-présidence du Groupe d’évaluation par les pairs du Forum mondial sur la transparence et l’échange de renseignements. À travers l’ICE, devenu le véritable actif immatériel de l’entreprise marocaine, la DGI dessine les contours d’un environnement économique assaini, transparent et résolument numérisé, conclut Challenge.

Par La Rédaction
Le 15/07/2026 à 18h20