Intelcia tourne la page Altice et vise le top 10 mondial

Intelcia. DR

Revue de presseL’acquisition par Altice de 65% du capital d’Intelcia en 2016 avait marqué un tournant pour l’entreprise. Cependant, la dette colossale d’Altice a limité les capacités d’investissement du groupe, freinant les ambitions d’Intelcia. Cet article est une revue de presse tirée de Jeune Afrique.

Le 06/05/2026 à 19h50

Dix ans après l’entrée d’Altice dans son capital, Intelcia finalise cette semaine la cession de la participation du groupe de Patrick Drahi. «Une opération qui redonne son indépendance au fleuron marocain de l’outsourcing, désormais détenu par son PDG, Karim Bernoussi, et ses cadres dirigeants», indique le magazine Jeune Afrique.

«Le closing sera annoncé cette semaine», confirme Karim Bernoussi à Jeune Afrique. L’acquisition par Altice de 65% du capital d’Intelcia en 2016 avait marqué un tournant pour l’entreprise, lui permettant de s’étendre dans dix-neuf pays et de multiplier par dix son chiffre d’affaires, qui atteint aujourd’hui 800 millions d’euros. «Intelcia est aujourd’hui dans le top 15 mondial et 5ᵉ en Europe», se réjouit son PDG. Avec 40 000 employés, dont la moitié en Afrique, le groupe s’est imposé comme un acteur majeur du secteur.

Cependant, la dette colossale d’Altice, de plus de 24 milliards d’euros en 2025, a limité les capacités d’investissement du groupe, freinant les ambitions d’Intelcia. «Le marché s’étant complexifié, il faut trouver de nouveaux relais de croissance, notamment par le biais d’acquisitions. Pour cela, il faut nous endetter, ce que nous pourrons faire désormais», explique Bernoussi.

Désormais maître à bord, Intelcia fixe un nouvel objectif: intégrer le top 10 mondial avec un chiffre d’affaires compris entre 1,5 et 2 milliards d’euros. Pour y parvenir, le groupe compte consolider son ancrage africain (Maroc, Tunisie, Égypte, Sénégal, Cameroun, Côte d’Ivoire, Maurice, Madagascar) tout en s’implantant sur de nouveaux marchés, comme l’Allemagne, le Royaume-Uni et les États-Unis. «Notre présence sur ces marchés passera nécessairement par des acquisitions», précise le PDG, évoquant des opportunités en Afrique du Sud, au Ghana ou au Kenya.

Parallèlement, Intelcia mise sur l’intelligence artificielle (IA) pour séduire de nouveaux clients, notamment dans les secteurs bancaires, souvent réticents à ces technologies. «Tout le monde a peur de l’IA. En tant qu’acteur, nous ne devons pas refuser cette révolution, mais l’accompagner», souligne Bernoussi. Le groupe forme déjà ses collaborateurs à ces outils, tout en anticipant leurs impacts sur l’emploi. «Demain, nous produirons plus, avec moins de ressources. L’IA va-t-elle détruire des emplois? Oui, mais elle en créera d’autres», affirme-t-il, appelant les États à favoriser «l’éclosion d’un écosystème IA» pour préparer les jeunes à cette transition.

Par La Rédaction
Le 06/05/2026 à 19h50