Gazoduc Maroc-Nigeria: tout ce que l’Europe a à gagner

Un gazoduc offshore. Photographie d'illustration. . DR

Revue de presseKiosque360. La réalisation du Gazoduc Maroc-Nigeria aurait des gains stratégiques pour l’Europe. C’est ce que tente de démontrer le Policy Center for the New South dans un Policy Brief signé par Jamal Machrouh. Cette revue de presse est extraite du quotidien Aujourd’hui le Maroc.

Le 06/10/2022 à 20h34

Dans un Policy Brief publié par le Policy Center for the New South, le chercheur Jamal Machrouh tente de répondre à la question de l’intérêt de l’Europe dans la concrétisation de ce projet stratégique qui, sur une longueur de 5.000 kilomètres, acheminera le gaz des champs du Golfe de Guinée jusqu’à la côte méditerranéenne du Maroc, en traversant onze pays ouest-africains.

Ce projet intervient dans une conjoncture particulière en Europe marquée par une crise énergétique à la fois «profonde et complexe». «La Russie a décidé de donner un coup d’arrêt aux deux Gazoducs Nord Stream 1 et Nord Stream 2, par lesquels transite l’essentiel du gaz russe fourni à l’Europe», rappelle l’auteur, cité par le quotidien Aujourd’hui le Maroc.

Pour lui, la vision qui anime un tel intérêt est que l’apport gazier africain renforcerait l’indépendance énergétique européenne, préalable nécessaire à son autonomie stratégique.

La démarche privilégiée, selon Jamal Machrouh, consiste en la nécessité d’un changement des paradigmes européens qui structurent leur système relationnel avec le continent africain. «Celui-ci mériterait d’être érigé en un partenaire et une chance pour le repositionnement stratégique global de l’Europe», indique-t-il.

Dans sa note d’orientation, le chercheur avance six arguments visant à fonder l’existence et la pertinence d’un tel intérêt. «Citons en premier la contribution efficace dudit projet à la diversification des ressources gazières des pays européens. Il leur donnerait plus de marge de manœuvre», estime le quotidien, citant l’auteur de la recherche.

Le deuxième argument porte sur la contribution du gazoduc à l’édification d’une nouvelle génération de mesures qui aideraient à juguler les menaces asymétriques dont souffre l’Europe.

Jamal Machrouh estime également que le projet réduira le risque de remplacement de la dépendance européenne au gaz russe par une dépendance aux sources d’énergie non-conventionnelles aux conséquences climatiques dangereuses.

Il empêcherait, par ailleurs, l’émergence d’une forte dépendance gazière européenne envers l’Algérie tout en donnant à l’Europe l’occasion de procéder à un rééquilibrage de son mouvement stratégique d’un schéma horizontal peu productif pour emprunter un schéma vertical, véritable démultiplicateur de sa puissance.

Le dernier argument stipule que «le projet impulserait une dynamique positive au processus d’intégration économique dans la région de l’Afrique de l’Ouest qui constituerait, en retour, un vaste marché de consommation utile pour les économies européennes».

Par Nabil Ouzzane
Le 06/10/2022 à 20h34