Foncier industriel et investissements: Ryad Mezzour défend une politique volontariste

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce.

Ryad Mezzour, ministre de l’Industrie et du Commerce. . Khalil Essalak / Le360

Revue de presseLe ministre de l’Industrie et du Commerce a dressé un bilan positif de la mobilisation du foncier public, tout en abordant les défis de la charte de l’investissement. Il a réaffirmé la volonté du gouvernement d’accompagner les porteurs de projets et de répondre aux besoins sociaux, comme en témoigne l’exemple de Kénitra. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 15/04/2026 à 20h48

Le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a fermement défendu la politique de mobilisation du foncier public pour l’investissement lors d’une séance de questions orales à la Chambre des conseillers, mardi dernier. «Face aux interrogations sur une éventuelle pénurie de terrains industriels, il a présenté un bilan sans équivoque», indique le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 16 avril. «Au début de mon mandat en 2021, le Maroc disposait de 10.000 hectares de zones industrielles aménagées et équipées. Aujourd’hui, ce chiffre atteint 15.000 hectares, soit une progression de 5.000 hectares en quatre ans et demi. Et ce n’est pas tout: 7.000 hectares supplémentaires sont déjà programmés», a affirmé le ministre.

Le ministre a particulièrement insisté sur la réactivité de son département face aux besoins exprimés, notamment dans la région de Casablanca, où 1.800 hectares ont été ajoutés ces trois derniers mois. «Nous continuerons à produire du foncier tant que les demandes persisteront», a-t-il assuré, rappelant par ailleurs son engagement à proposer des terrains aux personnes expropriées, tout en leur accordant un délai supplémentaire pour libérer les lieux.

Sur le front des projets industriels, Mezzour a souligné que 1.960 initiatives ont déjà été approuvées, dont 86% bénéficient d’une assiette foncière sécurisée. Pour les 14% restants, le ministère accompagne les porteurs de projets dans le choix de leur localisation et le renforcement de leurs capacités de financement. «Auparavant, nos services intervenaient au cas par cas. Aujourd’hui, nous avons structuré notre approche pour offrir un soutien plus efficace», a-t-il précisé.

La mise en œuvre de la charte de l’investissement n’est pas sans défis, a reconnu le ministre. Parmi les obstacles identifiés figurent les procédures de décaissement des primes d’investissement, un sujet sur lequel son département travaille activement, lit-on dans L’Economiste. «L’objectif est de renforcer la confiance des investisseurs en simplifiant les démarches et en facilitant l’accès aux programmes d’investissement», a-t-il expliqué.

Kénitra a été citée en exemple comme modèle de réussite industrielle. Avec plus de 46.000 emplois créés dans le secteur et une zone franche dynamique, la ville attire aussi des fonctionnaires travaillant à Rabat. «Cette attractivité nécessite une politique intégrée pour préserver les équilibres sociaux et économiques», a souligné Mezzour, évoquant les programmes de développement territorial intégré annoncés par le roi Mohammed VI lors du dernier discours de la fête du Trône. Dotés de 210 milliards de dirhams sur huit ans, ces programmes visent à répondre aux besoins locaux et à créer un équilibre social.

Autre sujet abordé, rapporte L’Economiste : la fabrication locale de fauteuils roulants pour les personnes en situation de handicap. Le Maroc compte près de 2,8 millions de citoyens confrontés à des difficultés de mobilité, selon le Haut-Commissariat au plan. «Aujourd’hui, la majorité de ces équipements provient d’Asie, notamment de Chine, où des dizaines de millions de fauteuils sont produits chaque année avec une compétitivité redoutable», a indiqué le ministre. Pour inverser cette tendance, un programme a été lancé dans le cadre de la banque de projets, visant à produire deux types de fauteuils : manuels et électriques.

Cependant, Mezzour a déploré le manque d’engagement des acteurs industriels dans ce projet structuré. «Aucun acteur n’a encore intégré ce programme de manière significative», a-t-il regretté. Sur le terrain, la situation est plus contrastée: certains ateliers fabriquent des fauteuils de manière artisanale, tandis que d’autres transforment des modèles classiques en fauteuils électriques en y ajoutant des moteurs ou des batteries. «Ces fauteuils, bien que ne respectant pas toujours les normes, restent accessibles à des prix bien inférieurs, entre 2.500 et 3.500 dirhams, contre 8.000 à 15.000 dirhams pour un modèle électrique standard», a-t-il expliqué.

Le ministre a insisté sur la nécessité de soutenir ces initiatives locales dans le cadre d’un écosystème industriel structuré, en collaboration avec le ministère de la Santé et la société civile. «Nous travaillons à encadrer ces pratiques pour en faire une véritable filière industrielle, au service des citoyens et de l’économie nationale», a conclu Mezzour.

Par La Rédaction
Le 15/04/2026 à 20h48