Le Morocco Fintech Center (MFC) franchit un nouveau cap. Un an après sa création, l’organisme passe de la phase de structuration à celle des premiers résultats concrets. À l’occasion du Demo Day de la première cohorte de son programme Fintech Booster, le Centre a réuni régulateurs, institutions financières, investisseurs et entrepreneurs autour d’une ambition commune : accélérer la digitalisation des services financiers et répondre aux défis de l’inclusion et du financement de l’économie.
«Cette dynamique s’inscrit dans un paysage mondial en profonde mutation», indique le magazine Finances News Hebdo. Comme l’a rappelé Abderrahim Bouazza, directeur général de Bank Al-Maghrib, des technologies telles que la finance décentralisée, les stablecoins, la tokenisation, la monnaie digitale de banque centrale et l’intelligence artificielle transforment les services financiers. Face à cette accélération, le responsable estime que le secteur financier national doit se positionner à l’avant-garde, tout en répondant aux impératifs de confiance, de protection des données et d’intégrité des systèmes.
Au niveau national, les chantiers restent de taille. Le marché marocain fait encore face à la prédominance du cash, à une adoption limitée des paiements numériques, à des disparités territoriales en matière d’inclusion financière et à une dématérialisation incomplète des flux publics. Pour y remédier, Bank Al-Maghrib fait évoluer son rôle en s’attachant à créer un cadre compétitif et transparent. Plusieurs initiatives structurantes sont déjà engagées, notamment le développement du paiement mobile, l’adaptation du cadre des établissements de paiement, l’essor du financement participatif et la préparation de l’open banking afin d’ouvrir la voie à de nouveaux services de notation ou d’agrégation de comptes.
Sur le plan opérationnel, lit-on dans Finances News, «le Morocco Fintech Center traduit ces orientations en accompagnant l’émergence de solutions locales». Mustapha Lahlali, directeur général du MFC, prône une approche pragmatique visant à accompagner les projets de l’idée jusqu’au marché. Pour cette première édition, 23 startups ont suivi un programme intensif de huit semaines comprenant du coaching, des masterclasses et des dizaines de rencontres avec des autorités de régulation et des partenaires institutionnels.
Le bilan de cette cohorte affiche des avancées significatives. L’ensemble des projets a atteint le stade de produit minimum viable (MVP). De plus, cinq startups ont entamé des démarches réglementaires, douze partenariats sont en cours de finalisation avec des banques et quatre solutions ont déjà séduit leurs premiers clients.
Lors du Demo Day, les entrepreneurs ont présenté des innovations variées, allant des outils de gestion d’entreprise aux plateformes d’investissement et de paiement inclusif. La remise des certificats ne marque cependant pas la fin de l’initiative. Le MFC prolonge le dispositif par une phase d’accompagnement individualisé de trois mois afin de consolider l’intégration de ces jeunes pousses dans le paysage financier marocain.




