Dans un précédent article, nous avions présenté les grandes lignes des programmes des deux autres candidats en lice à la présidence de l’ASMEX, Adil Zaidi et Aziz Mantrach. Celui de Sonia Mezzour n’avait pas encore été dévoilé. Il vient d’être rendu public ce lundi 22 juin, apportant une vision structurée et résolument tournée vers l’efficacité opérationnelle.
Intitulé «Structurer durablement la puissance exportatrice du Maroc», le programme de Sonia Mezzour pour le mandat 2026–2030 s’inscrit dans un contexte de mutation profonde du commerce international. Face à une concurrence accrue et à une recomposition rapide des chaînes de valeur, la candidate propose un changement de paradigme. Il ne s’agit plus seulement d’augmenter les volumes d’exportation, mais de renforcer durablement la capacité des entreprises marocaines à s’imposer sur les marchés internationaux.
Une ASMEX transformée en plateforme d’exécution
Au cœur de sa vision, Sonia Mezzour ambitionne de repositionner l’ASMEX comme un acteur structurant de l’écosystème export. La Confédération ne serait plus uniquement un organe de représentation, mais une plateforme pleinement opérationnelle, capable de coordonner les initiatives, fluidifier les interactions entre acteurs et produire des résultats tangibles pour les entreprises.
Malgré les progrès réalisés ces dernières décennies, le tissu exportateur marocain reste limité, concentré sur quelques secteurs, et marqué par des inégalités d’accès aux marchés, à l’information et au financement. D’où la nécessité de transformer en profondeur la structure de ce tissu.
Le programme de Sonia Mezzour s’articule autour de quatre axes majeurs:
Renforcer l’influence institutionnelle. La candidate propose d’institutionnaliser le dialogue avec les pouvoirs publics à travers des mécanismes structurés et réguliers. L’objectif est de faire de l’ASMEX un interlocuteur de référence, capable de produire des propositions concrètes et d’en suivre l’impact, tout en renforçant sa présence dans les instances nationales et internationales.
Élargir la base des exportateurs. Un accent particulier est mis sur l’accompagnement des PME vers l’international. Il s’agit de lever les freins à l’export en améliorant la lisibilité et la cohérence des dispositifs existants, tout en favorisant le partage d’expérience entre entreprises et en intégrant davantage les dynamiques régionales.
Déployer une intelligence économique utile. Sonia Mezzour insiste sur la nécessité de fournir une information directement exploitable par les entreprises. Notes synthétiques, alertes rapides, analyses ciblées par marché, l’objectif est d’améliorer la qualité de la prise de décision et de réduire l’asymétrie d’information.
Améliorer l’accès au financement. Le programme prévoit de renforcer le dialogue entre exportateurs et institutions financières, tout en accompagnant les PME vers des solutions de financement plus structurées, notamment via les marchés de capitaux. L’ASMEX jouerait ici un rôle de facilitateur pour fluidifier l’accès aux ressources financières.
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La feuille de route proposée repose sur trois phases. Une première étape de structuration (0 à 6 mois), suivie d’un déploiement opérationnel (6 à 24 mois), puis d’une phase de consolidation (24 à 36 mois). Cette approche vise à garantir une montée en puissance progressive et maîtrisée des actions engagées.
Sur le plan de la gouvernance, Sonia Mezzour propose également de renforcer les capacités de pilotage de l’ASMEX, avec une organisation plus orientée vers l’exécution et un suivi rigoureux des priorités.
En filigrane, le programme met en avant une exigence centrale. Il s’agit de produire des effets concrets pour les entreprises exportatrices. L’ambition affichée est de faire de l’ASMEX un catalyseur de performance pour le commerce extérieur marocain, capable d’accompagner durablement l’expansion internationale du tissu économique national.




