Déploiement de la 5G: comment le Maroc pourrait s’inspirer de l’expérience de la Finlande, selon un expert

Photomontage de drapeaux du Maroc et de la Finlande.

Le déploiement des réseaux de télécommunications 5G est érigée en priorité par le Maroc et la Finlande pour renforcer leur coopération bilatérale. Contacté par Le360, l’expert en IT et télécoms, Khalid Ziani, nous explique comment le Royaume pourrait s’inspirer de l’expérience de ce pays d’Europe du Nord qui est devenu une référence dans ce domaine.

Le 15/08/2024 à 09h13

Le Maroc souhaite se connecter à la cinquième génération de haut débit mobile (5G), avec le soutien de la Finlande. L’annonce a été faite à l’issue d’une rencontre qui s’est déroulée le 6 août dernier à Helsinki, entre la ministre finlandaise des Affaires étrangères, Elina Valtonen, et le ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, Nasser Bourita, qui y effectuait une visite de travail.

Avancée technologique d’importance, le réseau 5G se distingue par son débit qui peut atteindre 400 mégabits par seconde, soit dix fois plus que celui de la 4G. Il dispose aussi d’une faible latence (une milliseconde contre environ 200 millisecondes pour la 4G), le temps que vont mettre vos données à passer d’un point à un autre sur un réseau. «Par exemple, la 5G permet à un orchestre de jouer à distance et de proposer une belle symphonie, ou de créer des supporters virtuels dans les stades, installés dans leurs salons. Ce qui est impossible avec la 4G », schématise l’expert en IT et télécoms Khalid Ziani, contacté par Le360.

S’inspirer du plan numérique 5G finlandais

Le Royaume gagnerait donc à renforcer son partenariat numérique avec la Finlande qui est devenue une référence dans le déploiement de la 5G. Dans ce pays nordique, le taux de connexion à la 5G est en augmentation depuis 2020. La couverture des ménages urbains est passée de 12,4% à près de 95% en 2023, selon la plateforme mondiale spécialisée dans les données statistiques, Statista. La capitale Helsinki détenait le taux le plus élevé avec 51%. La couverture des ménages ruraux avait également atteint près de 78% l’année dernière.

Notre interlocuteur estime que le Royaume a beaucoup à apprendre de l’expérience finlandaise, surtout si l’on sait que le processus d’implémentation de la technologie 5G dure environ six à sept ans, entre la date d’attribution des fréquences et le déploiement sur tout le territoire. Et une fois les fréquences attribuées, les trois opérateurs doivent équiper leurs antennes télécoms (20.000 au total actuellement) qui couvrent le territoire en 2G, 3G et 4G.

«La Finlande, qui a déjà lancé son plan numérique pour la 5G en 2018, peut aider le Maroc à mettre en œuvre ce projet. Le Royaume, qui doit déployer la 5G dans un bref délai, pourrait notamment s’inspirer de la méthode efficace utilisée par cet État nordique», soutient-il.

Ce pays de plus de 5,6 millions d’habitants héberge aussi le siège de Nokia. L’entreprise finlandaise, naguère connue dans la fabrication de téléphones et de smartphones, est désormais spécialisée dans les services de réseau de données et l’activité d’équipement de télécommunications. «La Finlande abrite le centre R&D de Nokia qui est aujourd’hui, avec Huawei et Ericsson, l’un des rares fabricants d’antennes et d’équipements pour la 5G destinés aux opérateurs télécoms», souligne Khalid Ziani.

Mutualiser les infrastructures télécoms pour accélérer le processus

Selon la même source, l’adoption de cette technologie de haut débit nécessite, au préalable, la généralisation de la fibre optique sur l’ensemble du territoire marocain, y compris les réseaux de fibre optique jusqu’au domicile (FTTH) pour remplacer l’ADSL. Un grand chantier que le Maroc doit accélérer, en prélude à l’organisation de la Coupe du monde 2030 qui exige une connexion de très haut débit notamment dans les stades et autres zones de rassemblement. «Les deux autres co-organisateurs, l’Espagne et le Portugal, ont déjà respectivement déployé 85% et 90% du réseau FTTH sur leur territoire. Le Maroc doit se fixer comme objectif de connecter 85% des ménages en FTTH en 2030», préconise-t-il.

Pour relever ce challenge, il faudra impérativement que les trois opérateurs télécoms mutualisent leurs infrastructures, ce qui n’est toujours pas le cas. Une absence de collaboration qui est d’ailleurs l’une des principales causes du retard dans le processus de déploiement de la 5G au Maroc, dont le lancement était prévu avant fin 2023 par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT).

Là aussi, l’expertise finlandaise pourrait être utile. «Le Maroc devra augmenter le nombre d’antennes pour passer de 20.000 à 30.000, parce que pour la 5G, le périmètre couvert par chaque antenne est plus court. Ces antennes coûtent très chères. Plusieurs pays européens, dont la Finlande, ont trouvé un moyen qui permet de mutualiser ces infrastructures, en recourant à des opérateurs d’infrastructures indépendants», indique Khalid Ziani.

Malheureusement, il n’existe pas au Maroc de dispositions réglementaires pour «l’octroi de licences ou d’autorisations spéciales par l’ANRT pour que ces opérateurs indépendants puissent investir dans les infrastructures et les mettre à la disposition des opérateurs télécoms », déplore-t-il.

Cette mutualisation des infrastructures permettra également de couvrir plus de territoires, notamment les zones rurales non desservies. «Au Maroc, à l’heure actuelle, seules les parties denses à savoir les grandes villes, sont couvertes par le FTTH et éventuellement la 5G quand les fréquences vont être attribuées. Ce n’est pas rentable pour les opérateurs télécoms de déployer le haut débit dans les zones rurales où les recettes sont faibles», explique le spécialiste en télécoms.

Par Elimane Sembène
Le 15/08/2024 à 09h13

Bienvenue dans l’espace commentaire

Nous souhaitons un espace de débat, d’échange et de dialogue. Afin d'améliorer la qualité des échanges sous nos articles, ainsi que votre expérience de contribution, nous vous invitons à consulter nos règles d’utilisation.

Lire notre charte

VOS RÉACTIONS

Le silence au sujet de l'impact négatif de la 5G en matière de santé publique et son chamboulement profond du mode de vie du citoyen ne sert que l'intérêt des lobbies des télécommunications et des nouvelles technologies. Un tel chambardement de notre quotidien ne peut se faire sans consultation démocratique et sans débat public. Court circuiter ce processus essentiel n'augure rien de bon

Maroc Télécom est un vrai désastre, pénalités, amendes, avertissement, y a t il pas un autre ingénieur qualifié parmi tous ces marocains diplômes des grandes écoles de Télécom pour prendre la relève !!???

Ne me faites pas rire , au Maroc ils vendent de L'ADSL en faisant croire aux "gens" que c'est de la FIBRE OPTIQUE , il mettent 10 M de fibre optique entre "la boite " dans la rue et votre maison :-) , et ca y est voila la fibre optique .... Et l'escroquerie n'est pas terminee ; avec la super fibre optique marocaine , tu surfes a 20/50 ou 100 Mega (ptdrrrrr) ; donc de l'adsl deguisee et bridee , Pour info : la fibre optique permet des vitesses de plus de 2000MBPS ( 2gb ) en telechargement et 200MBPS en upload , et donc le Maroc se prepare pour la 5G alors qu'ils surfent encore a 20 Mbps a la maison , la 4G j'en parle meme pas , c'est de la 2G deguisee .

La 4G ce n'est pas par câble. Et la 5G ?

Il y a un intérêt géopolitique majeur à coopérer avec la Finlande. La dernière percée diplomatique réalisée ds ce pays en est la preuve !

La référence dans le domaine de la 5G est la Chine. Et tous les autres pays sont très loin derrière elle. Si le Maroc veut un partenanire dans la 5G, le meilleur partenaire est incontestablement la Chine. Pour rappel, la chine est actuellement en phase de tester la 6G.

0/800