Le secteur privé marocain s’affirme plus que jamais comme un partenaire de premier plan pour le développement de la Côte d’Ivoire. À l’occasion des Assises du Groupe Consultatif pour le financement du Programme national de développement (PND) 2026-2030, qui se sont tenues récemment à Abidjan, la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM) a scellé un engagement fort. Emmenée par son président, Mehdi Tazi, une importante délégation composée de dirigeants représentant plus de cent entreprises marocaines a fait le déplacement dans la capitale économique ivoirienne pour acter la mobilisation des investisseurs du Royaume autour des grands chantiers ivoiriens des quatre prochaines années, indique le magazine hebdomadaire Challenge.
Cette offensive économique s’inscrit directement dans la vision stratégique impulsée par le roi Mohammed VI, qui érige le renforcement de la coopération Sud-Sud, l’intégration économique à l’échelle du continent et la construction de partenariats mutuellement bénéfiques au rang de priorités absolues. Pour la CGEM, le PND ivoirien représente un terrain d’action idéal pour matérialiser cette ambition partagée.
Prenant la parole lors de la Journée des investisseurs, Mehdi Tazi a chaleureusement salué la trajectoire ambitieuse tracée par les autorités de Côte d’Ivoire à travers ce nouveau programme de développement. Il a particulièrement insisté sur le fait que le secteur privé est appelé à fournir plus de 70% des financements nécessaires au PND. Cette proportion considérable démontre, selon lui, le rôle désormais incontournable et structurant de l’entreprise privée dans la modernisation de l’appareil productif et la transformation économique de la Côte d’Ivoire, indique Challenge.
Le choix de la Côte d’Ivoire par la CGEM n’est pas fortuit. Le pays figure historiquement en tête des destinations privilégiées pour les capitaux marocains dans le continent africain, avec un flux d’investissements directs qui a atteint 1,24 milliard de dirhams au cours de l’année 2024. Cette présence se matérialise déjà au quotidien par l’implantation de nombreux grands groupes nationaux dans le tissu économique ivoirien.
Afin de franchir un nouveau cap, le président de la CGEM a valorisé les profondes complémentarités qui unissent les structures productives des deux nations. Il a aussi plaidé pour une accélération franche des partenariats industriels directs, encourageant les opérations de co-investissement et la création de joint-ventures. Alors même que le secteur de l’agroalimentaire reste un axe naturel de développement commun, Mehdi Tazi a également exhorté les hommes d’affaires à cibler des secteurs stratégiques d’avenir tels que l’énergie, les infrastructures de transport, l’industrie pharmaceutique, la santé, le tourisme ainsi que les nouvelles technologies.
Tout au long de cette rencontre, la diplomatie d’affaires a fonctionné à plein régime. Coordonnées par l’ambassade du Royaume du Maroc en Côte d’Ivoire, les entreprises de la délégation marocaine ont multiplié les sessions de travail avec des décideurs publics et des opérateurs privés locaux. Ces rencontres bilatérales ont permis de passer au crible les projets concrets listés dans le PND afin de jeter les bases de collaborations opérationnelles immédiates. En marge des réunions plénières, Mehdi Tazi s’est entretenu de manière prolongée avec son homologue Ahmed Cissé, président de la Confédération générale des entreprises de Côte d’Ivoire (CGECI). Au terme de leurs échanges, les deux leaders patronaux se sont mis d’accord pour restructurer et redynamiser le Groupe d’Impulsion Économique (GIE) Maroc-Côte d’Ivoire. L’objectif est d’adapter cet outil bilatéral de référence pour en faire le bras armé de la mise en œuvre opérationnelle des projets du PND, garantissant ainsi que l’élan politique se traduise rapidement en créations de valeur et d’emplois pour les deux pays.




