Le Maroc vient de perdre l’un de ses historiens les plus éminents. Safiot de naissance et Marrakchi de cœur, Hamid Triki s’est imposé comme une figure incontournable de la recherche historique et patrimoniale. Son décès à Casablanca, le jeudi 30 juillet, marque la fin d’une carrière riche, consacrée à la sauvegarde et à la transmission du savoir.
Hamid Triki a consacré plusieurs décennies à l’étude du patrimoine matériel et immatériel du Maroc. Son approche, alliant rigueur académique et travail de terrain, lui a valu une reconnaissance internationale. Il a été conseiller académique auprès de la Fondation El Legado Andalusí, à Grenade, et a collaboré avec l’Institut du monde arabe, à Paris, ainsi qu’avec la Fondation Aga Khan pour l’architecture, à Genève. Il a également œuvré à la classification et à l’inventaire des monuments historiques de Safi, sa ville natale.
Hamid Triki laisse derrière lui une bibliographie riche, qui constitue une référence pour les chercheurs et les passionnés d’histoire. Il a écrit «Fès… mille deux ans d’histoire», publié en 2008, et «Fès… l’âme du Maroc», publié en 2015. Il est également l’auteur de «Marrakech… Histoire et monuments» et de «La colline des potiers… Histoire de la ville de Safi et de sa céramique». Il a par ailleurs réalisé «Maroc… Magie des lieux» en collaboration avec l’Institut du monde arabe. Ces ouvrages témoignent de son attachement aux villes de Fès, Marrakech et Safi, ainsi que de son souci de préserver leur mémoire.
Son travail a été couronné par plusieurs distinctions. Il a reçu la Grande Médaille des arts, sciences et lettres de l’Académie de Paris. Il a également reçu le Grand Atlas Prize, décerné par l’ambassade de France au Maroc. Ces prix consacrent son rôle de passeur de mémoire entre le Maroc et l’Andalousie, entre tradition et modernité.
Hamid Triki a cofondé l’association Mémoire de Safi, qui a mené un projet documentaire inédit sur mille ans d’histoire de la ville. Il a également contribué à la sauvegarde du Qasr Al-Bahr en partenariat avec l’Université d’Évora, au Portugal. Jusqu’à ses dernières années, il travaillait sur un projet ambitieux consacré au palais de l’Alhambra, symbole de la mémoire partagée entre le Maroc et l’Espagne.
En 2017, il avait fait don de ses archives personnelles et familiales aux Archives du Maroc. Une convention avait d’ailleurs été signée à cet effet le 5 octobre 2017 au siège de l’établissement.
Hamid Triki était historien, chercheur et écrivain. Il était avant tout un homme humble et généreux, animé par la passion de transmettre. Son œuvre continuera d’éclairer les générations futures et de rappeler l’importance de préserver le patrimoine national.




