«Pour moi c’est un aboutissement, c’est un honneur», a déclaré à la presse le lauréat 2026 qui succède à Laurent Mauvignier, distingué l’an passé pour «La Maison vide».
«Je me sens joyeux», a également confié l’écrivain de 62 ans, qui s’est rendu célèbre pour ses enquêtes, nourries d’archives et de digressions personnelles, sur des crimes irrésolus.
Les neuf membres de l’Académie lui ont accordé six voix et trois autres à Sylvain Prudhomme pour «De l’autre côté du lac» qui suit les déambulations d’une jeune photographe autour d’une réserve naturelle en haute montagne.
Avec «L’Inconnue du quai de Javel» (ed. Flammarion), Philippe Jaenada «rend visible une femme qui a été invisibilisée, une victime, une jeune victime dont la police ne s’est pas trop préoccupée», a déclaré à la presse le président du Goncourt Philippe Claudel après avoir dévoilé le nom du lauréat.
Philippe Jaenada y mène l’enquête, à la première personne, sur l’assassinat de Louise Cansot, une jeune Bretonne de 29 ans devenue modèle à Paris et dont le corps est découvert en septembre 1949 sur les bords de la Seine.
Pour découvrir le coupable, ce que la police n’avait pas réussi à faire à l’époque, l’auteur applique les méthodes d’enquête du commissaire Jules Maigret, le héros des romans policiers de Georges Simenon. Il plonge dans les archives de la police et retourne sur les lieux où la victime a vécu.
Deux autres ouvrages étaient en lice: «Choses que je croyais perdues» de Clémentine Mélois et «La solitude des professeurs est infinie» de Yannick Haenel, au terme d’une sélection chamboulée par l’affaire Thélyson Orélien, qui fait surgir l’intelligence artificielle dans le monde de l’édition.
Présenté comme l’un des favoris, l’ouvrage de Thélyson Orélien «C’était ça ou mourir» avait été retiré de la sélection du Goncourt et éliminé des autres prix littéraires en raison de soupçons de recours à l’IA.
L’affaire a secoué l’édition française et va conduire l’Académie Goncourt, le plus prestigieux des prix littéraires français, à modifier son règlement pour en exclure toute œuvre réalisée avec le concours de l’IA.
Le prix Renaudot a par ailleurs été attribué mardi à François-Henri Désérable pour son roman «Le Palais» (Gallimard) tandis que le prix Renaudot essai a été décerné ex aequo à Jean-Paul Enthoven pour son «Dictionnaire amoureux du bonheur» (Plon) et à Christophe Ono-dit-Biot pour «L’Odyssée de l’Odyssée» (Grasset).




