Le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, fait son entrée à l’Académie du Royaume du Maroc

Le cardinal Pietro Parolin lors de son investiture à l’Académie du Royaume du Maroc, le 23 juin 2026 (Y.Mannan/Le360).

Le 23/06/2026 à 16h35

VidéoL’Académie du Royaume du Maroc a distingué, mardi 23 juin, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, en l’accueillant parmi ses membres associés. Au-delà de l’hommage rendu à l’un des principaux artisans de la diplomatie vaticane, la cérémonie a été l’occasion de réaffirmer le rôle du dialogue interreligieux comme rempart face aux tensions qui traversent le monde contemporain.

L’Académie du Royaume du Maroc a accueilli, mardi 23 juin à Rabat, le cardinal Pietro Parolin, secrétaire d’État du Saint-Siège, en qualité de membre associé. Cette distinction vient saluer le parcours d’un diplomate de premier plan dont l’action en faveur du dialogue, de la paix et du rapprochement entre les peuples a été largement mise en avant lors de la cérémonie d’investiture.

Organisée au siège de l’Académie en présence de personnalités religieuses, diplomatiques et académiques représentant les trois religions monothéistes, la cérémonie a été marquée par un hommage appuyé du secrétaire perpétuel de l’institution, Abdeljalil Lahjomri. Celui-ci a salué l’engagement du cardinal Parolin en faveur de la paix et du dialogue entre les nations, inscrivant son action dans une vision fondée sur des valeurs universelles et sur «une loi morale qui transcende les frontières, les statuts et les époques».

Présidée par André Azoulay, conseiller du roi Mohammed VI, la séance a également constitué l’occasion de rappeler la profondeur des relations entre le Maroc et le Saint-Siège. Abdeljalil Lahjomri a souligné que cette investiture intervenait à l’heure où les deux États célèbrent le cinquantième anniversaire de leurs relations diplomatiques. Il a notamment évoqué les visites historiques ayant jalonné ce partenariat, notamment celle du roi Mohammed VI au Vatican et celle du pape François à Rabat en 2019, devenue un symbole du dialogue interreligieux et de la coexistence.

Dans son allocution, le secrétaire perpétuel de l’Académie du Royaume a également replacé cette investiture dans le contexte international actuel, marqué par la persistance des conflits, la montée des radicalismes et l’émergence de nouveaux défis liés aux mutations technologiques. Il a notamment évoqué les interrogations soulevées par les progrès rapides de l’intelligence artificielle quant à la préservation des valeurs humaines et de la cohésion des sociétés.

Le cardinal Pietro Parolin a plaidé pour un renforcement de la fraternité entre les peuples. «Le monde a besoin de se reconnaître comme une seule famille humaine, de travailler ensemble, de collaborer, de s’accepter, de se respecter et de s’aimer. Sans cela, l’humanité ne connaîtra jamais la paix», a-t-il déclaré.

Le nouveau membre associé de l’Académie a insisté sur la nécessité de bâtir une paix durable fondée sur le dialogue et la compréhension mutuelle. Selon lui, les crises et les conflits ne peuvent être résolus par la force ou la violence. «Le moyen de régler les conflits n’est ni la force ni la violence, mais le dialogue et le respect», a-t-il affirmé.

Parmi les personnalités présentes figurait également l’écrivain Tahar Ben Jelloun, membre de l’Académie du Royaume, qui a qualifié cette investiture d’«exceptionnelle». Il a souligné le rôle central occupé par le cardinal Parolin au sein du Vatican, rappelant qu’en sa qualité de secrétaire d’État, il est la deuxième personnalité de la hiérarchie vaticane. Selon lui, cette adhésion illustre l’excellence des relations historiques entre le Royaume du Maroc et le Saint-Siège.

Pour Jérôme Clément, écrivain français et membre de l’Académie du Royaume, l’entrée du cardinal Pietro Parolin au sein de l’institution revêt une portée hautement symbolique dans un contexte international marqué par les tensions et les conflits. Selon lui, cette investiture rappelle l’importance du dialogue interreligieux comme levier de compréhension mutuelle et de paix. «Ce n’est pas une option, mais une nécessité. C’est une responsabilité collective, que l’on soit chrétien ou musulman», a-t-il souligné.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 23/06/2026 à 16h35