C’est dans le cadre du festival pluridisciplinaire «Les rencontres à l’échelle» produit par les Bancs Publics et le Mucem, le Musée des civilisations de l'Europe et de la Méditerranée, récemment créé dans la cité phocéenne, que Youness Atbane présentera «Untitled 14», du 8 au 10 novembre 2019.
A la fois installation et spectacle, Untitled 14 km (soit la largeur du Détroit de Gibraltar), est une analyse du rapport entre le domaine de l'art contemporain et l’identité. Plus précisément, entre l'identité arabe moderne et l'expansion géographique du monde de l'art dans un contexte conflictuel entre «art» et «marché de l'art.»

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L'approche temporelle du concept d’art contemporain est ici vue à travers le prisme de sa relation avec l'identité, par l’interaction entre plusieurs personnages fictifs: un poète arabe de l'époque arabo-andalouse, le directeur d’un musée d'art contemporain, une commissaire d’exposition et un artiste contemporain.
Une galerie de personnages qui tentent de monter une exposition, laquelle analyserait le concept de modernisme à travers, d'une part, l’interprétation des écritures poétiques de l’ère arabo-andalouse, et, d'autre part, l’analyse d'œuvres d'artistes arabes bien connus sur le marché de l’art contemporain.
Art arabe et art politiquePour Youness Atbane, la percée des artistes arabes dans le monde de l'art contemporain est récente, et s’apparente en quelque sorte à une forme de résistance par la création, à une certaine image exotique et orientaliste de l’art moderne arabe.

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Mais comment expliquer, dans ce cas, l’engouement soudain pour l’art arabe d’un marché de l’art qui lui tournait naguère le dos?
La réponse tient en une date, le 11 septembre 2001, ou plutôt l’après 11-septembre. Dans l’effondrement des tours du World Trade Center à New York, le monde cherche des réponses à ses questions, et l’«art arabe» devient alors synonyme d’«art politique». On se tourne dès lors vers les artistes contemporains pour tenter de comprendre ce qu'il se passe dans le monde arabe.
De son côté, ce même monde arabe se livre à un travail d’introspection, et s’interroge sur ses propres valeurs.
Une remise en question qui donne lieu à deux positions: «l’une relie l’identité au passé, comme extension de l’histoire; l’autre considère l’identité comme élément en métamorphose, dans sa relation au contemporain» explique le MUCEM.

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Point d’ancrage de ces deux visions pourtant conflictuelles, «l’interprétation de l'identité par l’exemple historique de l’Andalousie arabe: un âge d’or où se forgerait une identité à la fois dans la contemporanéité et la nostalgie».




