Exposition. Mustapha Boujemaoui, un univers plastique entre transparence et métamorphose

Mustapha Boujemaoui et Abdellah Hariri lors du vernissage de son exposition à la galerie de l'American Art Center à Casablanca. (A.Ettahiry/Le360)

Le 14/10/2026 à 13h20

VidéoÀ Casablanca, Mustapha Boujemaoui présente une vingtaine d’œuvres à l’American Art Center jusqu’au 10 novembre. Une exposition qui invite à découvrir un langage plastique singulier, fondé sur la transparence, la répétition des formes et la métamorphose.

Organisée par Art Corner Gallery, dirigée par Youssef Bennani et représentant l’artiste, l’exposition de Mustapha Boujemaoui se poursuit jusqu’au 10 novembre à l’American Art Center de Casablanca. La galerie a également prêté plusieurs œuvres à la Fondation nationale des musées pour l’exposition «Mustapha Boujemaoui: la poétique des formes», présentée jusqu’au 30 novembre 2026 au musée Carl Ficke, également à Casablanca.

L’artiste évoque sa démarche: «Mes recherches plastiques, ce n’est rien d’autre que ce corps à corps avec l’espace. Ici, là; ailleurs, quelque part… Je traverse, je perce, je détourne le journal, je pose le verre de ma vie, je passe, mon regard ne s’arrête pas.»

Formé à l’Institut des beaux-arts de Tétouan, puis à l’Académie des beaux-arts de Bruxelles, à l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris et à la Sorbonne, il développe un langage plastique immédiatement identifiable, fondé sur la transparence, la répétition des formes et la permanence des signes.

À son retour au Maroc, en 1982, Boujemaoui est rapidement repéré et soutenu par Pauline de Mazières et Sylvie Belhassan. Il expose régulièrement à la galerie L’Atelier, à Rabat, institution pionnière de l’art contemporain marocain. Des affiches de cette époque font d’ailleurs partie de l’exposition.

À travers de nombreuses expositions individuelles et collectives, Boujemaoui s’impose progressivement comme l’une des voix les plus singulières de la scène artistique nationale.

Le critique d’art Olivier Rachet écrit: «Le spectateur est invité à observer ce à quoi il ne prête plus attention, à contempler le monde environnant à travers les effets de la transparence du verre lui-même.»

Dans son texte de présentation, il ajoute: «Loin d’être inclassable, son art se distingue par son aspect spirituel à la fois épuré et lyrique, répétitif et tourbillonnant: une peinture de la métamorphose joyeuse.»

Cette capacité à transformer le réel traverse le travail de Boujemaoui. «Avec une espièglerie certaine, l’artiste se joue parfois des effets de transformation dont il affuble l’objet qui, sous l’inventivité de son pinceau en mouvement, peut se métamorphoser en chaise ou en corps voluptueux. L’imagination, reine des facultés», écrit encore Olivier Rachet.

Sous le pinceau de Mustapha Boujemaoui, les objets se dérobent ainsi à leur fonction première pour devenir de nouvelles formes, entre abstraction et figuration, laissant au spectateur la liberté d’en explorer les multiples interprétations.

Par Qods Chabâa et Abderrahim Ettahiry
Le 14/10/2026 à 13h20