Abderrahmane Rahoule a démissionné de son poste de directeur de l’Ecole supérieuse des Beaux-Arts de Casablanca. L’artiste-peintre, en poste depuis 14 ans, a capitulé face aux innombrables problèmes contre lesquels bute l’école des Beaux-Arts de la plus grande métropole du royaume. «Je suis fatigué. Tout au long de mon travail en tant que directeur de l’école, j’ai travaillé sans moyens. J’ai supporté cette situation pendant plusieurs années, mais aujourd’hui je n’en peux plus», confie Abderrahmane Rahoule à le360.
Avant d’être directeur de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca, Abderrahmane Rahoule enseignait depuis 1970 les arts plastiques au sein de cet établissement sous la tutelle du Conseil de la ville. Sans pension de retraite, sans CNSS, sans couverture maladie, il a continué à accomplir ses fonctions de directeur sous contrat depuis qu’il a atteint l’âge de la retraite. Salaire mensuel du directeur de l’Ecole supérieure des Beaux-Arts de Casablanca: 5300 dirhams, perçus de façon irrégulière avec des retards dépassant parfois les trois mois. «Ce contrat était renouvelé tous les trois ans», précise l’artiste.
Après avoir envoyé sa démission il y a trois mois, Rahoule n’a reçu aucune réponse. Abdelaziz Omari, le maire de la ville, son supérieur hiérarchique, est comme toujours aux abonnés absents. «Je n’ai eu droit à rien, même pas à un petit mot, ne serait-ce que pour toutes ces années passées à gérer tous les problèmes dans cet établissement», regrette amèrement Abderrahmane Rahoule.
Mais l’artiste semble penser davantage aux enseignants de l’école «payés une misère» qu’à réclamer ses droits, préférant se consacrer à la peinture. «En principe, on me doit quatre mois de salaire. Mais je ne vais rien réclamer. Cela ne sert à rien. J’ai la conviction que cela ne changera rien à la donne.»
Depuis le départ d’Abderrahmane Rahoule, Said Gueyihya, professeur de décoration d’intérieur, assure l’intérim en attendant un appel à candidature qui tarde à être lancé. Il y a peu de chances que les candidats se bousculent au portillon avec un salaire et des conditions qui ne permettent absolument pas d’honorer la mission de diriger une école prestigieuse, mais malheureusement délaissée par le Conseil de la ville de Casablanca.




