Après «3ala Soutak» et «La La», Inez prépare l’envol de son premier album «Farasha»

Inez, chanteuse maroco-néerlandaise.

Le 17/06/2026 à 11h30

VidéoÀ 28 ans, Inez, artiste maroco-néerlandaise, poursuit son ascension avec la sortie de «La La», son nouveau single en duo avec Tawsen. Dévoilé à quelques semaines de la sortie de son premier album «Farasha», attendue avant la fin du mois de juin, ce titre aux influences raï marque une nouvelle étape dans le parcours de la chanteuse, dont les chansons cumulent déjà plus de 180 millions d’écoutes sur Spotify.

Quelques semaines seulement après avoir dévoilé 3ala Soutak, Inez revient sur le devant de la scène avec La La, deuxième extrait officiel de son très attendu premier album Farasha (papillon). Pour cette nouvelle aventure musicale, la chanteuse s’associe à Tawsen, l’une des figures montantes de la diaspora marocaine, lui aussi en préparation de son premier album intitulé Chokran.

Porté par de fortes sonorités raï, La La célèbre les racines culturelles des deux artistes tout en reflétant l’identité d’une génération ayant grandi entre plusieurs univers. Derbouka, bendir et youyous s’entremêlent à une production résolument moderne, donnant naissance à un morceau à la fois ancré dans la tradition et ouvert sur le monde.

Avec ce nouveau single, Inez poursuit également la dynamique amorcée par 3ala Soutak, sorti en avril dernier. Ce morceau plus intime et personnel révélait une facette plus vulnérable de l’artiste et donnait le ton de son futur album. «Cette chanson est plus personnelle parce qu’elle reflète la direction que je veux prendre sur le long terme», déclare Inez. «Elle a des influences de Fadel Chaker et d’Assala, mais avec une touche marocaine. Je voulais créer quelque chose que l’on ne se contente pas d’entendre, mais que l’on ressente, surtout en live», ajoute-t-elle.

L’album Farasha promet justement de dévoiler plusieurs facettes de sa personnalité artistique. «Je pensais autrefois que je devais choisir un seul style ou une seule identité musicale. Aujourd’hui, je choisis simplement d’être moi-même et de suivre ce que je ressens. Cette liberté a tout changé», confie-t-elle.

Une trajectoire construite presque par hasard

Rien ne prédestinait pourtant Inez à faire de la musique son métier. Révélée grâce à son mashup Menak Wla Meni, devenu viral en un temps record, elle affirme ne jamais avoir réellement planifié cette carrière. «Je n’y ai jamais vraiment réfléchi, tout est arrivé naturellement. Mon premier single a connu un succès immédiat et cela a continué jusqu’à aujourd’hui», raconte-t-elle. «Faire de la musique faisait partie de mes rêves, mais j’en avais beaucoup d’autres. Je ne pensais pas en faire une profession», poursuit-elle.

Face à la notoriété soudaine, l’artiste reconnaît avoir été déstabilisée. «Je suis restée enfermée chez moi. J’avais besoin de temps pour comprendre ce qui m’arrivait. Je suis quelqu’un de très timide», explique-t-elle. «Aujourd’hui encore, voir des gens me reconnaître et me demander des photos me paraît irréel», ajoute-t-elle.

Après le succès de ses reprises, la sortie de ses premières compositions originales a constitué un autre défi. «J’étais nerveuse. Quand vous avez deux grands succès derrière vous, vous avez forcément peur de présenter quelque chose qui vous appartient à 100%», reconnaît-elle. «Mais j’adore le processus de création. Construire une chanson de zéro est extrêmement gratifiant», souligne-t-elle.

Une pause nécessaire pour se reconstruire

Alors que sa carrière semblait lancée, Inez décide pourtant de s’éloigner de la musique pendant près de trois ans. Une décision qui, selon elle, s’est imposée naturellement. «Je traversais une période difficile et j’avais besoin de prendre du recul pour me concentrer sur moi-même et sur mon avenir», raconte-t-elle.

Contre toute attente, son retour est accueilli avec enthousiasme. «Trois ans, c’est long. On perd forcément une partie de son public, mais on en gagne aussi un nouveau. Je suis reconnaissante d’avoir retrouvé autant de soutien à mon retour», confie-t-elle.

Parmi les moments marquants de la carrière d’Inez: sa participation à la cérémonie de la Coupe du monde féminine U17 de la FIFA organisée au Maroc.

«C’était un véritable tournant», se souvient-elle. «Pour la première fois, je me suis sentie vraiment fière de moi. Fière pour le Maroc, pour ma famille et surtout pour mon père qui était dans le public. Voir la fierté dans les yeux de mes proches représentait tout pour moi», partage-t-elle.

Attachée à certaines valeurs, Inez dit également avoir fixé des limites claires dans sa carrière. Parmi elles, une règle non négociable: ne jamais se produire dans des boîtes de nuit. Cette cohérence se retrouve aussi dans son image. Réputée pour son style vestimentaire élégant et pudique, elle considère la mode comme un prolongement de son identité artistique. «Une femme n’a pas besoin d’être dénudée pour être attirante ou pour vendre des disques», estime-t-elle. «Je me sens plus forte et plus confiante lorsque je suis habillée de manière pudique tout en restant élégante», ajoute-t-elle.

Alors que Farasha s’apprête à prendre son envol, Inez préfère avancer sans brûler les étapes. Après une première tournée européenne réussie, l’artiste garde les yeux rivés sur son prochain défi. «Pour l’instant, je suis principalement concentrée sur mon album. J’aime que les choses évoluent naturellement», conclut-elle.

Par Ryme Bousfiha
Le 17/06/2026 à 11h30