À Salé, Dizzy Dros présente «Aflam», l’album d’une nouvelle étape

Dizzy Dros sur la scène de Salé, à Mawazine 2026. (S.Bouchrite/Le360)

Le 23/06/2026 à 14h45

VidéoLa scène de Salé a accueilli, lundi 22 juin, l’un des concerts les plus attendus de cette édition de Mawazine. À l’occasion de la première présentation en live de son nouvel album, Aflam, Dizzy Dros s’est livré sans détour sur son parcours, les leçons tirées des années passées, son regard désenchanté sur la politique et le lien privilégié qu’il entretient avec une jeunesse dont il demeure l’une des voix les plus influentes.

L’un des rendez-vous les plus attendus de Mawazine s’est joué lundi soir sur la scène de Salé. Figure majeure du rap marocain, Dizzy Dros y a offert à son public la première présentation scénique de Aflam, son deuxième album sorti fin mai. Un moment particulièrement symbolique pour l’artiste, dont ce nouveau projet s’est rapidement imposé comme l’un des événements musicaux de l’année sur la scène urbaine marocaine.

Sorti à la fin du mois de mai, Aflam a été largement perçu comme une démonstration de puissance artistique dans le paysage du rap marocain. Porté par une forte visibilité sur les plateformes numériques, l’album a rapidement trouvé son public, plusieurs de ses clips cumulant déjà des millions de vues sur YouTube. C’est notamment le cas de Hrrss, qui met en scène l’acteur Amine Ennaji. À travers ce titre, dont le nom renvoie à l’idée de «briser» ou «écraser», Dizzy Dros revendique une posture de conquête, faisant de ce mot une métaphore de la détermination, de la résilience et de la volonté de s’imposer dans un univers hautement concurrentiel.

Interrogé sur ce qui a changé entre son premier album et Aflam, Dizzy Dros a d’abord répondu avec humour: «Déjà, les cheveux blancs». Puis, retrouvant son sérieux, il a évoqué le chemin parcouru au fil des années. «Les difficultés de la vie nous forgent. On apprend beaucoup, on évolue…», a-t-il confié.

Quelques heures avant de monter sur scène à Salé, où il était attendu à partir de 22h30, le rappeur s’est prêté au jeu des questions-réponses avec les médias. Il est revenu sur ses débuts, son processus d’écriture, ses collaborations artistiques ainsi que sur son regard porté sur la société et l’actualité. Interrogé sur une éventuelle carrière politique, l’artiste a écarté l’idée sans détour: «Avant, je m’intéressais à la politique, j’avais certaines affinités et quelques convictions. Aujourd’hui, au vu de ce qui se passe, non merci», a-t-il lancé, suscitant les sourires dans l’assistance.

Figure incontournable de la scène urbaine marocaine, Dizzy Dros est souvent crédité d’avoir contribué à donner une nouvelle dimension au rap national en l’ancrant dans les réalités sociales du pays tout en lui offrant une résonance bien au-delà des frontières du Royaume. À travers ses textes, il aborde régulièrement des thèmes tels que les inégalités, les injustices sociales, la jeunesse ou encore les questions identitaires, au point d’être perçu par beaucoup comme la voix d’une génération en quête de reconnaissance et de visibilité.

L’artiste se dit également attentif à l’évolution de son public, de plus en plus jeune. «Il y a même des enfants de huit ans qui fredonnent les paroles de mes chansons. Les jeunes d’aujourd’hui sont très précoces», a-t-il observé. Avant de nuancer: «À partir de 12 ans, un jeune commence généralement à développer ses propres goûts et à faire la distinction entre les différents styles musicaux», a-t-il ajouté.

Par Qods Chabâa et Said Bouchrite
Le 23/06/2026 à 14h45