Portée par une ambition de promotion territoriale, Es-Semara attire désormais des profils variés: amateurs de tourisme écologique, passionnés d’histoire, cinéastes et aventuriers. Les nouvelles routes aménagées facilitent l’accès à des sites longtemps restés isolés, renforçant ainsi l’attractivité de cette ville au cœur du Sahara marocain.
À quelques kilomètres de la ville, un complexe touristique témoigne de cette dynamique. Sur place, Hafida Arouch, opératrice touristique, revient sur son initiative. «Ce projet n’est pas né par hasard. Il répond à une véritable dynamique touristique et à une demande croissante en services de loisirs», déclare-t-elle.
Le site accueille aussi bien des familles locales, notamment le week-end, que des touristes étrangers attirés par l’expérience saharienne. «Nous recevons également des participants à des rallyes internationaux ainsi que des chercheurs qui fréquentent régulièrement le site», ajoute-t-elle.
Du côté des institutions, le constat est similaire. Bachir Braih, président du Conseil provincial du tourisme, récemment créé, met en avant les atouts de la ville. «Es-Semara regorge de potentialités touristiques importantes. L’émergence de nouvelles unités hôtelières et de complexes touristiques constitue un levier essentiel pour encourager les visiteurs», souligne-t-il.
L’ouverture récente de l’aéroport de la ville constitue, selon lui, une avancée majeure. «Avec deux vols hebdomadaires la reliant à Casablanca, nous franchissons une étape importante dans le développement touristique local», affirme-t-il.
Lire aussi : L’aéroport d’Es-Smara se modernise en vue de son ouverture à l’aviation civile
Mais au-delà des infrastructures, c’est le patrimoine qui donne toute sa singularité à Es-Semara. Sidi Hamoud El Filali, directeur régional de la culture à Laâyoune-Sakia El Hamra, insiste sur la richesse des sites historiques et archéologiques de la région. «La région abrite des sites historiques et archéologiques d’envergure», explique-t-il.
Parmi eux figure un ensemble de plus de 10.000 gravures rupestres, réparties sur plus de 40 kilomètres. «On y retrouve des représentations d’animaux, comme les gazelles ou les oryx, ainsi que des scènes de chasse et de vie humaine. Cela attire des chercheurs du monde entier», détaille-t-il.
Lire aussi : Les travaux d’aménagement de l’axe routier Es-Semara-Mauritanie touchent à leur fin
L’accès à ces sites a été considérablement amélioré ces dernières années. Les pistes aménagées permettent désormais de rejoindre plus facilement ces zones, mais aussi des espaces naturels comme la station de Laghchiwate. «Cette réserve abrite des programmes de réintroduction de certaines espèces, notamment l’oryx et l’autruche, dans le cadre de la préservation de la biodiversité», précise-t-il.
Entre patrimoine, nature et nouvelles infrastructures, Es-Semara amorce une transformation progressive. Une évolution discrète mais réelle, qui vise à faire émerger la ville comme une destination touristique à part entière, au cœur du Sahara marocain.




