Au cœur de l’ancienne médina d’Oujda, se situe le quartier Lazaret, qui est considéré comme le plus ancien et le plus emblématique de cette ville ancestrale. Bouchaib Benyounes, écrivain et critique de théâtre, évoque le noyau historique du quartier qui se compose des maisons, des équipements publics, tels le four et le bain, rappelant le célèbre bain des anciens résistants.
Cette partie du quartier Lazaret, ajoute-t-il, comprend également la maison des jeunes Ibnou Rochd, transformée en un bâtiment moderne et bien équipé, avec différents ateliers dédiés à la menuiserie, la lecture, le soutien scolaire, le théâtre…
Entre la maison des jeunes et le noyau résidentiel, se trouve un jardin public que Bouchaib Benyounes décrit comme un exutoire pour les habitants du quartier. Il se souvient de sa belle architecture et de ses bassins d’eau, soulignant que «la plupart des anciens habitants de Lazaret ont de beaux souvenirs d’enfance dans ce parc où ils ne se lassaient pas de jouer».
Le quatrième point de repère de ce tissu urbain est la très ancienne et grande mosquée Al Ghazali, ajoute notre interlocuteur. Il se souvient de ses premières prières dans ce lieu de culte et sa popularité particulière, notamment pour les rituels religieux associés à des occasions telles que le Ramadan, Laylat Al-Qadr et Aïd al-Adha.
Le cinquième et dernier repère du quartier Lazaret est l’école Imam Malik, poursuit Bouchaib Benyounes qui a retracé l’histoire de l’éducation dans le quartier et le rôle joué par cette école qui, avec ses annexes, a pu accueillir tous les élèves de ce quartier.
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De son côté, Zahreddine Taybi, enseignant chercheur et vice-président de l’Université Mohamed I d’Oujda, a exprimé sa fierté d’être né à Lazaret, qui est l’un des plus anciens et plus grands quartiers de la ville d’Oujda. Il évoque ses souvenirs d’enfance et de jeunesse dans le quartier, ses études à l’institution Ibnou Rochd pour les garçons, puis au collège Mohammed VI, qui est le premier collège du quartier et au lycée Dhar Lamhalla, devenu plus tard le lycée Oued Ed-Dahab.
«Lazaret est un quartier populaire par excellence qui a donné naissance à une multitude de personnalités, tels que Mustapha Ben Hamza, Aziz El Houssine, Abdelhafid Al Kadiri, directeur de la radio régionale d’Oujda, Mourad Ramadani, Habib Malki, Ali Malki, Bouchaib Benyounes, Hajji Bekkay, Abdelmalek Wahab…», a-t-il indiqué.
Zahreddine Taybi se souvient des moments agréables qu’il a passés dans ce quartier et décrit l’atmosphère de solidarité et de tolérance qui y régnait. «Toutes les portes des maisons étaient ouvertes, et ainsi nous pouvions avoir accès à n’importe quelle maison, y prendre le petit-déjeuner ou le déjeuner», lance-t-il avec nostalgie, mettant également l’accent sur les valeurs du respect du professeur, du voisin, des personnes âgées.
Souvenirs, souvenirs
Il a conclu son récit en soulignant que le quartier a connu la création d’un certain nombre d’associations artistiques et culturelles et a donné naissance à des champions de handball, de football et de volley-ball. Pour faire perdurer ces souvenirs, il s’attache à visiter quotidiennement ce quartier, a fait savoir, en appelant à en prendre soin.
Pour sa part, Mustapha Chouaib, inspecteur pédagogique et habitant du quartier, a affirmé qu’il a vécu les plus belles années de sa vie académique dans le lycée Oued Ed-Dahab où il a étudié l’étape préparatoire au début des années 80 et est resté jusqu’à l’obtention du baccalauréat, puisqu’il a été transformé en lycée qualifiant. «Cette institution était un espace distingué grâce aux efforts déployés par les administrateurs et les professeurs, qui ont contribué à créer un grand mouvement culturel en son sein», souligne-t-il.
Ce qui a permis, relève-t-il, de perfectionner les compétences des élèves, tout en les orientant vers l’engagement communautaire. «Je me souviens d’administrateurs éminents, comme feu le directeur, M. Hadoush, et le secrétaire général, Yahya Jarrar, ainsi que M. Bahou et d’autres. Quant aux professeurs, des noms prestigieux comme Amarouche, Moussaoui et Al Charki ont marqué notre parcours éducatif. Le lycée a contribué à former des talents exceptionnels, qui sont aujourd’hui devenus professeurs, médecins, avocats et ingénieurs», conclut-il.
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