Travail des enfants: le CESE plaide pour la «tolérance zéro»

Abdelkader Amara, président du Conseil économique, social et environnemental.

Revue de presseDans un avis consacré à la problématique du travail des enfants, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) dresse le constat des lieux, énumère les causes du fléau et émet des recommandations afin d’accélérer l’éradication complète du phénomène. Les détails dans cette revue de presse qui provient de l’hebdomadaire Al Ayyam.

Le 10/07/2026 à 19h44

Après la Journée mondiale contre le travail des enfants, célébrée le 12 juin, et la campagne nationale lancée, sous le slogan «Non au travail des enfants», par l’Observatoire national des droits de l’enfant (ONDE), présidé par SAR la Princesse Lalla Meryem, le Conseil économique, social et environnemental (CESE), vient de consacrer un avis à cette problématique.

Intitulé «Pour une politique publique effective d’éradication du travail des enfants au Maroc», cet avis, adopté par l’assemblée générale ordinaire du CESE, dresse un constat des lieux et émet des recommandations en vue d’accélérer l’éradication complète du phénomène.

Dans son constat, le CESE souligne que «les réformes législatives, institutionnelles et sociales engagées par le Maroc et traduites par le renforcement du cadre juridique régissant le travail des mineurs, ont contribué à une baisse significative du nombre des enfants au travail, en passant de 517.000 en 1999 à près de 101.000 en 2024, soit une diminution de plus de 80%».

Cependant, constate le CESE, en dépit des progrès significatif qui se poursuivent dans le cadre de la feuille de route nationale à l’horizon 2030, «l’objectif d’éradication complète du travail des enfants demeure soulevé», notamment dans certaines situations préoccupantes, rapporte l’hebdomadaire Al Ayyam dans sa dernière livraison.

Dans cette matrice, le CESE évoque «des formes du travail domestique, des situations de travail forcé, de mendicité organisée ou encore d’exploitation sexuelle».

Les causes de ce phénomène demeurent articulées autour de «l’échec scolaire, de la vulnérabilité de certains ménages, de leur précarité et du poids de l’économie informelle dans le pays», en plus «des limites des campagnes de prévention et des mécanismes de contrôle des autorités compétentes, ainsi que de l’implication insuffisante du secteur privé».

Après avoir dressé ce constat, le CESE émet des recommandations pour éradiquer le phénomène du travail des enfants au Maroc où «environ 62% des enfants au travail effectuent des travaux dangereux».

Il s’agit notamment de «la révision des dispositions de l’article 143 de la loi n° 65-99 portant Code du travail afin de relever à 16 ans révolus l’âge minimum d’admission à l’emploi, en alignement avec l’âge de fin de l’obligation de scolarité».

Le texte réglementaire, fixant la liste des travaux interdits aux moins de 18 ans, est également sur la liste des réformes.

Et ce, afin d’y intégrer explicitement «les risques émergents liés au développement des plateformes numériques, à l’usage intensif des technologies numériques et aux nouvelles formes d’exploitation du travail des enfants».

De même, le CESE demande «la continuité des dispositifs éducatifs, de formation et d’insertion pour sécuriser les parcours des jeunes de 16 à 18 ans et prévenir leur exposition au travail précoce».

Par La Rédaction
Le 10/07/2026 à 19h44