Tanger: le Bac à 66 ans, Fouzia Daghmoumi y croit

Quatre ans après son départ à la retraite, Fouzia Daghmoumi s’est présentée aux épreuves du baccalauréat à Tanger. (S.Kadry/Le360)

Le 04/06/2026 à 16h25

VidéoQuarante-deux ans après avoir manqué son rendez-vous avec le baccalauréat, Fouzia Daghmoumi reprend le chemin des examens. Cette ancienne responsable au ministère de la Santé, aujourd’hui retraitée, est la candidate la plus âgée de la région de Tanger. Une étape qu’elle considère comme le point de départ d’un nouveau parcours universitaire.

Dans les salles d’examen du lycée Moulay Slimane de l’enseignement originel, à Tanger, une candidate attire particulièrement l’attention cette année. Il s’agit de Fouzia Daghmoumi qui, à plus de 60 ans, a repris le chemin des études et s’est présentée aux épreuves du baccalauréat, devenant ainsi la doyenne des candidats de la région.

Quatre ans après son départ à la retraite, cette ancienne cheffe du service de pédiatrie de l’hôpital Mohammed V, animée par une détermination intacte, a ainsi décidé de renouer avec un projet resté inachevé depuis plusieurs décennies.

Dans une déclaration pour Le360, Fouzia Daghmoumi explique que cette décision est née de son attachement à l’apprentissage et de son désir de poursuivre sa formation académique, soulignant que la retraite ne marque pas la fin des ambitions intellectuelles.

Titulaire d’une distinction royale obtenue il y a plusieurs années, elle affirme que l’âge n’a jamais constitué un obstacle à sa volonté d’apprendre. Elle précise que son objectif n’est pas d’obtenir le baccalauréat pour la simple satisfaction personnelle, mais de poursuivre ensuite des études supérieures, notamment dans les filières du droit ou des fondements de la religion.

La sexagénaire, qui parle couramment espagnol, rappelle qu’elle n’avait pas pu se présenter aux épreuves du baccalauréat, section lettres, lors de la session de 1984 en raison de circonstances particulières. Plus de quarante ans plus tard, elle revient avec la même ambition, mais cette fois dans la filière des sciences islamiques.

Un défi partagé avec son fils

La candidate indique qu’elle ne s’est pas engagée seule dans cette aventure, puisqu’elle prépare et passe les examens aux côtés de son fils, lui aussi candidat au baccalauréat cette année. Ce dernier a choisi de relever le même défi académique malgré ses responsabilités professionnelles en tant que cadre au sein d’une entreprise privée à Tanger.

Au-delà de son cas personnel, la présence de Fouzia Daghmoumi dans les centres d’examen constitue un symbole de persévérance et de dépassement de soi.

Elle a tenu, à cette occasion, à adresser un message aux femmes de sa génération, les invitant à sortir de l’isolement et à investir davantage dans l’apprentissage et la formation.

«Le savoir est une source aux multiples bienfaits. Grâce à lui, les esprits s’épanouissent, les âmes s’élèvent et la vie s’ouvre de nouveau», affirme-t-elle, soulignant qu’il est toujours possible de recommencer, quel que soit le moment de la vie. Les projets abandonnés ou reportés peuvent être relancés dès lors que la volonté est présente, conclut-elle.

Par Said Kadry
Le 04/06/2026 à 16h25