Un plan sans précédent dans la lutte contre la fraude, conjuguant avec rigueur innovation numérique et fermeté légale a été dévoilé pour la session 2026 du baccalauréat par le ministère de l’Éducation nationale. Cette stratégie, qui marque une rupture décisive avec l’approche traditionnelle fondée sur la seule vigilance humaine, au profit d’un système interconnecté et intelligent, reposant sur une surveillance électronique continue, permet un suivi numérique intégral des copies d’examen, «tout en expérimentant une intégration préliminaire de l’intelligence artificielle dans les phases de correction et de validation», relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 25 mai.
Le nouveau dispositif s’articule autour de quatre axes principaux, au sommet desquels figure l’utilisation d’appareils électroniques sophistiqués destinés à détecter la triche au sein même des centres d’examen. Ce sont ainsi «2 000 équipements de haute définition, capables de capturer l’ensemble des fréquences et ondes émises par tout type de téléphone mobile ou appareil de communication quelle que soit sa génération ou son état de fonctionnement (y compris éteint) [qui] seront déployés», indique le quotidien.
Parmi ceux-ci figure la deuxième génération du dispositif «T3 Shield», conçu et fabriqué au Maroc, développé en partenariat avec l’université Mohammed VI polytechnique (UM6P) et les technologies de SensThings. Ces appareils ne se contentent pas de détecter la présence d’un téléphone: ils identifient avec précision l’identité du candidat concerné, son numéro de téléphone, celui de sa carte nationale d’identité ainsi que son emplacement exact dans la salle d’examen.
Dans un signe de fermeté inédite, le ministère a également interdit les téléphones portables dans l’ensemble des espaces d’examen non seulement pour les candidats, mais aussi pour les surveillants, les membres du secrétariat et les présidents des centres. Toute fraude détectée électroniquement est transmise instantanément et directement à la délégation provinciale, à l’académie régionale et au centre national des examens à Rabat, signale Al Ahdath Al Maghribia.
Les nouvelles dispositions prévoient par ailleurs «l’exclusion immédiate de tout candidat refusant de remettre son téléphone portable ou de se soumettre aux opérations d’inspection électronique. En cas de refus persistant, il pourra être remis aux services de police ou de gendarmerie». Parallèlement, le ministère mise sur la digitalisation pour sécuriser l’ensemble du processus des copies d’examen. «Un nouveau système attribue à chaque feuille d’examen des codes numériques uniques, permettant leur traçabilité depuis leur distribution jusqu’à la correction et la proclamation des résultats», écrit Al Ahdath Al Maghribia.
Parmi les innovations marquantes de la session 2026 figure «l’introduction progressive et expérimentale de l’IA dans la chaîne de correction, sans que celle-ci ne se substitue au correcteur, qui demeure le premier responsable de l’attribution de la note». L’IA intervient comme un mécanisme supplémentaire de contrôle, destiné à détecter les erreurs ou les écarts potentiels dans l’attribution des points par les correcteurs.




