Studio 360. Un spécialiste du cannabis: «tout reste encore à faire avant de tirer profit de la légalisation»

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Après l’adoption définitive du projet de loi sur les usages légaux du cannabis, le Maroc devra parcourir un long chemin avant de pouvoir tirer profit de la culture de cette plante. Explications avec Mohammed Hmamouchi, spécialiste de la question.

Le 18/03/2021 à 09h00

Mohammed Hmamouchi, actuellement professeur invité à l’université de Montréal, a été le premier directeur de l’Institut national des plantes aromatiques et médicinales, entre 2002 et 2009.

Aujourd'hui retraité, il est professeur invité à l’Université de Montréal. Au Maroc, il est membre du Forum des compétences de Taounate, sa ville natale, en charge de la «commission cannabis». Grand connaisseur de cette question, il estime que le chemin à parcourir par le Maroc sera très long pour s’imposer en tant que sérieux concurrent sur ce segment, sur les marchés internationaux.

D’abord, au Maroc, il ne sera pas uniquement question que de textes réglementaires. Selon ce spécialiste, tout, ou presque, reste à accomplir, à commencer par des études sérieuses et complètes. Il en sera de même pour la future Agence nationale de régulation, de ses moyens, de ses prérogatives et de son champ d’action.

Il y a, de plus, un os de taille: le cannabis cultivé au Maroc contient une très grande teneur en THC (entre 60 et 70%). De ce fait, il est très convoité sur le marché international, pour son usage récréatif, mais cela le rend difficilement exploitable pour des usages industriels ou médicaux.

Un modèle mondial à suivre pour le Maroc en la matière? Là aussi, le dilemme est grand, selon le Pr. Hmamouchi. Le modèle canadien est pour le moment un exemple de réussite, mais a encore beaucoup de failles, affirme-t-il. Ce modèle a mobilisé plusieurs milliards de dollars d’investissements, mais a fini par montrer ses limites avant que l’Etat n’intervienne pour redresser la barre en imposant une sorte de monopole.

En conclusion, selon le Pr. Hmamouchi, et même après l’adoption du projet de loi et des autres textes d’application, tout restera à faire pour le Maroc.

Y compris, éventuellement, pour baliser la voie à une loi sur son usage récréatif, car, rappelle ce spécialiste, seulement 10% de la production mondiale de cannabis est à usage industriel ou médical.

Par Mohammed Boudarham et Youssef El Harrak
Le 18/03/2021 à 09h00

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Je souhaite vraiment beaucoup beaucoup de courage à cette agence de contrôle et de régulation du cannabis . La pression va être énorme . Bon vent car il en y va l’amélioration de la vie de 1 million de marocains

L'introduction de variétés à faible teneur en THC est primordiale . Elle doit être du ressort de l'agence étatique en charge, dans une première étape. Pour le reste il faut laisser le terrain à l'initiative privée. Il ne s'agit pas de copier le modèle canadien mais s'en inspirer pour éviter les erreurs de sa mise en place. Une chose est certaine ça sera un marché de parfaite compétition. Il faut être compétitif pour en avoir sa part. Les installations canadiennes, imposées par l'environnement froid, reviennent très chères ainsi que la conduite culturale ce qui peut constituer un handicap à la compétitivité. Il faut juste réglementer encadrer et contrôler. Le reste le laisser aux cultivateurs. La vitesse v0 est importante dans tout mouvement cinétique et c'est là l'intervention de l'état.

Au maroc on cultive de plus en plus des variété hybrides sélectionnées a l'étranger qui sont effectivement riche en THC, alors que nos variétés locales de plus en plus délaissées par la canabiculteirs sont moins dosées et offre un bien meilleur potentiel pour l'industrie pharmaceutique

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