Soutien scolaire à l’approche du Bac: le juteux business des heures supplémentaires

Un cours particulier.

Revue de presseEn constante activité tout au long de l’année scolaire, le marché informel des cours particuliers connaît un pic d’effervescence à l’approche des examens du baccalauréat. Cette pratique, devenue un business particulièrement lucratif pour certains enseignants, soulève de nombreuses interrogations. Les détails dans cette revue de presse qui provient du quotidien Assabah.

Le 29/05/2026 à 20h53

À l’approche des examens du baccalauréat, plus de 500.000 candidats à ces épreuves terminales sont entrés dans une course contre la montre en vue de revoir les axes principaux des cours, retenir les formules les plus complexes, mettre au point des fiches et faire les résumés nécessaires.

Dans ce cadre, les «heures supplémentaires» de soutien scolaire, qui n’attiraient que peu d’élèves dans le temps, sont devenues aujourd’hui indispensables, en vue de décrocher le baccalauréat, surtout avec mention, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 30 et 31 mai.

Organisées par des centres de soutien scolaire ou dans des appartements, constate le quotidien, ces heures supplémentaires coûtent cher et génèrent une forte pression financière sur les familles qui galèrent toute l’année en vue de s’en sortir avec les frais occasionnés par l’enseignement. Dans le public ou le privé, plusieurs familles sont convaincues de l’importance de ces cours de soutien à domicile ou en groupes.

C’est ainsi que la pratique est devenue un marché informel dont tirent profit de célèbres enseignants de mathématiques, de certaines autres matières scientifiques et des langues.

En présentiel ou à distance, ces enseignants sont devenus des professionnels des heures supplémentaires qui facturent des séances dans ce sens aux familles. Il s’agit d’un business durant toute l’année et qui devient encore plus fructueux pendant le virage des examens.

Aujourd’hui, indique Assabah, plusieurs offres seraient exposées sur le marché. Il y a des séances qui sont facturées à 500 dirhams et il y a des formules de 200 dirhams par mois dans des centres de soutien scolaire.

Dans les grandes villes, explique le quotidien, la facture des heures dispensées pour un élève varient 3.000 et 6.000 dirhams par mois, sans parler des manuels et des abonnements numériques.

Autant dire qu’un ménage de modeste revenu ne peut pas s’en sortir. Ce qui pousse certaines familles à contracter des crédits ou à recourir à d’autres formules douloureuses pour gérer le virage des préparations pour ces examens dans l’espoir d’obtenir une mention.

La prolifération de ces cours particuliers soulève d’importantes questions juridiques. En effet, la législation en vigueur interdit formellement aux enseignants du secteur public de cumuler leur fonction avec une autre activité lucrative.

Par ailleurs, ces sources s’inquiètent du regroupement clandestin d’élèves dans des appartements non autorisés. Le quotidien souligne également que ces locaux de fortune manquent d’équipements adéquats et ne disposent d’aucune assurance pour couvrir les risques. Autant de zones d’ombre qui, selon le journal, convergent pour remettre en question l’efficacité des politiques publiques de l’éducation.

Par La Rédaction
Le 29/05/2026 à 20h53