Les services de sécurité et des douanes du port de Nador ont récemment mis en échec une tentative de contrebande majeure impliquant soixante-huit fossiles d’une valeur inestimable. Ces pièces archéologiques, dont l’âge remonte à des millions d’années, s’apprêtaient à quitter le territoire marocain à bord d’un véhicule utilitaire immatriculé en France, à destination du port de Sète, indique Assabah de ce lundi 20 juillet. L’opération s’est déroulée vendredi dernier en fin d’après-midi, juste avant l’embarquement du véhicule en provenance de Meknès. Une fouille d’agents de la douane a permis de découvrir ces trésors géologiques dissimulés de manière à échapper à la vigilance des autorités frontalières.
Les premiers éléments de l’enquête indiquent que ces fossiles proviennent probablement de sites de fouilles clandestins situés dans la province de Taroudant. Cette région du sud du Maroc est mondialement réputée pour sa richesse paléontologique, ce qui en fait une cible privilégiée pour les réseaux de trafic illégal de biens culturels et naturels. Au-delà de leur valeur marchande sur le marché noir international, où certaines de ces pièces se négocient en milliers d’euros auprès de collectionneurs privés et de musées non scrupuleux, la perte de ces fossiles constitue un préjudice scientifique majeur. Les experts rappellent que ces objets représentent des archives géologiques uniques, essentielles pour comprendre l’histoire de la Terre et l’évolution de la vie. Leur pillage prive la communauté scientifique et universitaire marocaine de précieux matériaux d’étude sur les époques préhistoriques, lit-on dans Assabah.
Ce coup de filet met en lumière l’ampleur des défis auxquels font face les autorités marocaines pour protéger leur patrimoine géologique face à une demande internationale croissante. Ce n’est d’ailleurs pas une première. Les autorités françaises avaient précédemment intercepté à Toulouse des centaines de fossiles rares en provenance du Maroc, dissimulés dans un camion en direction de Strasbourg. Cette saisie passée, qui comptait près de deux cents fossiles dont soixante-sept considérés comme exceptionnels, incluait des ammonites, des trilobites, ainsi que des restes de poissons et de plantes marines datant des ères paléozoïque, mésozoïque et cénozoïque.
Ces pièces saisies en France avaient été soumises à des analyses scientifiques poussées par des experts de l’Université de Strasbourg et de la Direction des Affaires Culturelles de la région Grand Est. Les douanes françaises avaient alors souligné qu’une partie de ces objets serait dédiée à la recherche académique et à la sensibilisation aux risques du commerce illicite du patrimoine naturel, un trafic destructeur qui cause des dommages irréversibles aux sites archéologiques et géologiques du monde entier.




