La dégradation du cimetière Chouhada à Rabat entraîne une vague d’indignation parmi les acteurs associatifs locaux. Ces derniers dénoncent un abandon flagrant de ce site emblématique, soulignant que la saturation de l’espace contraint désormais à inhumer les défunts dans les allées initialement réservées au passage des cortèges funèbres et des visiteurs, relate le quotidien Al Akhbar dans son édition de ce vendredi 3 juillet. Ce cimetière, qui revêt pourtant une dimension historique et symbolique majeure pour la capitale, pâtit d’un manque criant d’entretien et de gestion. Cette situation affecte directement les conditions d’inhumation et la circulation au sein du site.
Plusieurs allées intérieures ont été transformées en espaces de sépultures, ce qui entrave le déplacement des familles des défunts et pose des problèmes d’organisation évidents. De plus, les militants critiquent l’entretien des lieux: la section réservée aux personnalités bénéficie d’un soin régulier, alors que le reste du cimetière est laissé à l’abandon, marqué par la prolifération de tombes fissurées, de fosses ouvertes, de déchets et d’herbes sèches. Ce constat enjoint les associations à demander une intervention urgente des autorités pour trouver des solutions durables, qu’il s’agisse d’une extension du site ou de l’aménagement de nouveaux espaces d’inhumation, lit-on dans Al Akhbar. Elles rappellent que la visite du cimetière est devenue un véritable calvaire, en particulier pour les personnes âgées, en raison de la détérioration des chemins, du manque de nettoyage, de l’absence d’éclairage public et d’infrastructures de base. Ce laisser-aller témoigne, selon elles, d’une absence de vision claire dans la gestion des cimetières de la ville.
L’étonnement est d’autant plus grand que le cimetière est situé près du quartier de L’Océan, une zone qui fait l’objet de vastes opérations de démolition et de réhabilitation urbaine, mais dont le programme de mise à niveau a exclu ce lieu de mémoire. Au-delà des considérations environnementales, la situation engendre des risques sanitaires non négligeables, les acteurs associatifs avertissent d’une prolifération de serpents et de scorpions, accentuée par les fortes chaleurs estivales. Les militants interpellent donc la wilaya de la région de Rabat-Salé-Kénitra pour le lancement immédiat d’un plan d’urgence comprenant le nettoyage du site, la réhabilitation des allées et des tombes endommagées, ainsi que la sécurisation des lieux, rappelant que la préservation de la dignité des morts et l’entretien des sépultures incombent aux institutions concernées.




