Inzegane a mis fin à des années de tensions et de débats houleux autour de la gestion de son cimetière en optant pour une solution d’urgence: l’extension de l’actuel site funéraire, devenu trop exigu pour accueillir de nouveaux défunts. Après des décennies d’utilisation intensive, la nécropole musulmane de la ville ne pouvait plus faire face à la demande croissante, indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du weekend du 18 et 19 avril.
Le problème du cimetière d’Inzegane a longtemps alimenté les discussions, sans qu’aucune solution concrète ne se soit dégagée. Plusieurs propositions ont été avancées, mais les divergences politiques et les contraintes techniques ont retardé toute décision. Ce n’est que récemment qu’un accord a été trouvé entre la commune et la préfecture pour élargir la superficie du cimetière existant en y annexant un terrain adjacent. Une mesure qualifiée d’«urgente», puisque le site a déjà été aménagé et intégré à la nécropole, lit-on dans Al Akhbar.
Les derniers mois ont été particulièrement difficiles pour les familles endeuillées. Faute de places disponibles, les responsables du cimetière ont dû recourir à des solutions provisoires, comme l’exploitation des moindres espaces vacants entre les tombes ou l’inhumation dans les allées. Une situation intenable, qui a poussé certains habitants à se tourner vers les cimetières des communes voisines. Mais là encore, les obstacles se sont multipliés: non seulement les démarches administratives se sont révélées complexes, mais les municipalités limitrophes ont refusé d’accueillir les défunts d’Inzegane, leurs propres nécropoles étant déjà saturées.
Cette crise n’est pas nouvelle. Depuis une vingtaine d’années, les autorités locales cherchent en vain un terrain adapté pour créer un nouveau cimetière. Mais la ville, l’une des plus petites de la région Souss-Massa avec une superficie totale de 14.000 kilomètres carrés, abrite plus de 650.000 habitants. Avec un taux de mortalité oscillant entre 10 et 18 décès par jour, la pression sur les espaces funéraires est devenue insoutenable. Par ailleurs, Inzegane est entourée par l’oued Souss, un terrain de golf et les communes de Dcheira El Jihadia et Aït Melloul, ce qui complique davantage l’identification d’un site approprié, écrit Al Akhbar.
Face à l’urgence, le conseil communal actuel a exploré plusieurs pistes. Parmi elles, la réouverture du cimetière d’El Jerf, fermé depuis près d’un siècle. Une demande a été adressée au ministère des Habous et des Affaires islamiques, qui a renvoyé le dossier au Conseil local des Oulémas. Ce dernier a exigé une fatwa de la part du Secrétariat général du Conseil supérieur des Oulémas, une procédure qui n’a jamais abouti. Devant ces obstacles religieux et juridiques, les autorités ont finalement privilégié l’extension du cimetière actuel, en ciblant un terrain de plus de 8.000 mètres carrés situé à proximité. Cependant, cette option se heurte à de nouvelles difficultés, le site étant bordé par des équipements publics et des habitations.
Pour les habitants d’Inzegane, cette décision représente un soulagement temporaire. Mais la question de la gestion des espaces funéraires reste entière, dans une ville où la croissance démographique et les contraintes géographiques rendent toute solution durable particulièrement complexe.




