La Fondation des œuvres sociales des Eaux et forêts se trouve aujourd’hui au cœur d’une vive polémique, marquée par des accusations d’arbitraire dans l’attribution des bourses et des subventions, sur fond de demandes pressantes visant à faire la lumière sur sa gestion budgétaire. «Cette situation intervient dans un contexte de restructuration institutionnelle, à la suite du rattachement de cette entité au ministère de l’Équipement, de l’Eau et des Transports, ce qui a exacerbé le mécontentement des fonctionnaires», indique le quotidien Al Akhbar dans son édition du lundi 9 novembre.
Les critiques portent principalement sur les critères d’octroi des allocations scolaires, jugés discriminatoires par de nombreux employés. Ces aides sont actuellement réservées aux enfants inscrits dans le primaire, à l’exclusion de ceux scolarisés dans le préscolaire, au collège et au lycée. Cette restriction est perçue comme une rupture flagrante du principe d’égalité. Les contestataires soulignent que la prise en charge des frais de scolarité revêt une importance capitale pour l’avenir des enfants et dénoncent le fait que ces aides n’accompagnent pas équitablement les parcours scolaires.
«Face à cette situation, des voix s’élèvent pour exiger le regroupement de toutes ces aides en une prime de scolarité unique et généralisée», écrit Al Akhbar. Cette allocation devrait bénéficier à l’ensemble des enfants des fonctionnaires, indépendamment de leur niveau de scolarité ou de leurs résultats scolaires, afin de garantir l’équité et de mettre fin aux pratiques favorisant des catégories privilégiées. Les syndicalistes et les fonctionnaires mécontents estiment que l’accès au soutien social ne doit pas être soumis à des critères d’excellence élitistes qui profitent généralement aux cadres supérieurs, au détriment des fonctionnaires aux revenus modestes.
Le malaise s’étend également aux prestations religieuses, notamment aux subventions consacrées au pèlerinage (Hajj) et à la Omra, dont les modalités d’attribution suscitent de vives interrogations. D’après Al Akhbar, des documents et des données financières révèlent que des montants considérables ont été alloués à un cercle restreint de bénéficiaires, notamment de hauts fonctionnaires et des responsables disposant déjà de moyens financiers confortables. En revanche, de nombreux employés ayant de réels besoins se voient systématiquement écartés de ces dispositifs, alimentant le sentiment d’une répartition inéquitable des ressources de la Fondation.
Parallèlement, la gestion financière globale de la structure est pointée du doigt en raison de l’absence de rapports détaillés accessibles aux adhérents. Les contestataires réclament donc un audit financier indépendant et rigoureux, ainsi que la publication des listes des bénéficiaires et des activités subventionnées, afin de garantir le droit d’accès à l’information.
Les contestataires appellent à l’instauration d’une gouvernance plus vertueuse et transparente au sein de la Fondation. Il est impératif, selon eux, de clarifier les critères d’éligibilité et de protéger les données personnelles des adhérents dans le respect des dispositions légales. L’objectif est de redonner à cette institution sa vocation initiale de solidarité et d’entraide.




