Mauvaises odeurs à Anza à Agadir: le Wali accorde un an aux usines

Des odeurs nauséabondes émanant d'unités industrielles à Agadir. (M.Oubarka/Le360)

Le 18/10/2026 à 10h54

VidéoFace aux odeurs nauséabondes qui étouffent les habitants d’Anza, le Wali de la région Souss-Massa, Saaïd Amzazi, a arrêté trois mesures d’urgence: une inspection des usines, leur mise en conformité écologique et leur transfert vers la zone industrielle de Drargua dans un délai maximal d’un an.

Les odeurs nauséabondes émanant des unités industrielles du quartier d’Anza, au nord d’Agadir, sont de nouveau au cœur de l’actualité. Elles se sont intensifiées ces derniers temps et rendent la vie des riverains insupportable.

Face à cette situation, le Wali de la région Souss-Massa et de Gouverneur de la préfecture d’Agadir Ida-Outanane, Saaïd Amzazi a pris une série de mesures d’urgence afin de juguler le problème avant qu’il ne s’aggrave davantage.

L’impact sur la santé et le tourisme

Selon l’acteur associatif Amine Mbarek, Anza est devenue une destination prisée par les touristes marocains et étrangers, notamment les passionnés de surf. Le quartier fait pourtant face aujourd’hui à une réalité environnementale difficile, due aux émanations des usines implantées dans le secteur, en particulier celles spécialisées dans la transformation du poisson et la production de farine de poisson.

Les odeurs ont dépassé les limites d’Anza et atteignent d’autres quartiers d’Agadir, tels que la zone touristique, Talborjt, Ihchach, Les Amicales, Lirac, Bourtal, El Batawar, Dakhla, Salam, Houda, etc. Cette situation est particulièrement alarmante pour les personnes souffrant de maladies chroniques comme l’asthme, les allergies et les détresses respiratoires.

M. Mbarek a également dénoncé le rejet de déchets industriels directement sur la plage via de larges canalisations, ce qui menace la dynamique touristique locale.

Les revendications de la population

Face à ce calvaire, plusieurs acteurs de la société civile ont tiré la sonnette d’alarme. Une pétition signée par des dizaines d’habitants et accompagnée d’un communiqué de protestation a été adressée aux autorités compétentes. Le texte rappelle qu’une décision préfectorale datant de 2016 exigeait déjà le transfert de ces usines vers la nouvelle zone industrielle de Drargua.

Pour l’habitant d’Anza Ahmed Naamani, la fermeture définitive de ces usines n’est pas la solution idéale, car elles fournissent des emplois stables à de nombreux habitants. Il estime que la solution réside dans l’application stricte d’un cahier des charges environnemental, qui permettrait de concilier la protection de la santé publique, le développement touristique et la préservation des activités économiques et industrielles.

Les mesures d’urgence arrêtées par la Wilaya

À la suite des plaintes répétées, le Wali Saaïd Amzazi a convoqué une réunion d’urgence. Y ont participé le Président du Conseil régional, les services techniques et administratifs, les autorités locales, les représentants de la commune d’Agadir et les industriels de la zone.

À l’issue de cette rencontre, trois décisions fermes et immédiates ont été arrêtées. La première porte sur un contrôle sur le terrain : une commission spécialisée est dépêchée immédiatement pour inspecter les usines d’Anza, relever les dysfonctionnements environnementaux et définir les corrections nécessaires.

La deuxième concerne la mise en conformité écologique. Les unités industrielles ont l’obligation de créer et d’équiper des stations de prétraitement des eaux usées, des émissions gazeuses et des odeurs. Les usines non conformes s’exposent à des sanctions administratives pouvant aller jusqu’au retrait d’agrément et à la fermeture.

La troisième impose une délocalisation sous un an. Toutes les unités d’Anza doivent être transférées vers la zone industrielle aménagée de Drargua dans un délai maximal d’un an, conformément aux engagements prévus. Les sites d’accueil sont garantis équipés en infrastructures de traitement.

Par M'hand Oubarka
Le 18/10/2026 à 10h54