Magistrates: de plus en plus de femmes dans le système judiciaire, malgré un accès limité aux responsabilités

Maillet utilisé par un magistrat, actant l'énoncé d'un verdict de justice rendue.

Revue de presseBien que confrontées à des obstacles socioculturels, les femmes progressent dans leur avancement dans le système judiciaire, sans avoir encore atteint une réelle équité, malgré des avancées mesurables. Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ) a initié un débat à ce propos, à l’occasion de la 13ᵉ édition du Salon international de l’édition et du livre (SIEL), où les échanges ont principalement porté sur la parité et les postes de responsabilité. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 03/05/2026 à 17h43

À l’occasion du 13ᵉ Salon international de l’édition et du livre (SIEL), le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), en partenariat avec la présidence du ministère public, a organisé un débat consacré à la place des femmes dans l’institution judiciaire. De nombreuses femmes juges ont souligné que leur présence dans la justice marocaine était caractérisée par des progrès notables, témoignant d’une avancée progressive vers l’instauration du principe d’égalité. Toutefois, de leur avis, ce chemin reste semé de contradictions, la plus flagrante étant l’écart persistant entre la hausse du nombre de femmes juges et leur sous-représentation à des postes de responsabilité, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 4 mai.

L’une des intervenantes a indiqué que le taux de représentativité féminine dans la magistrature avait atteint 28%, dont 22% pour les juges du siège, 5% pour les magistrates relevant d’un parquet, et seulement près de 10,6% pour les fonctions dirigeantes. Bien que ces statistiques semblent modestes, Amina Malki, juge et présidente de la commission de la parité, les a jugées positives et en adéquation avec les transformations du système judiciaire au cours des six dernières années. «Cette dynamique reflète une volonté agissante et des efforts soutenus pour accroître la présence des femmes dans la justice et l’administration judiciaire, notamment par l’adoption de plans et de stratégies dédiés», a-t-elle indiqué.

Sur le terrain, d’expérience, il est constaté que la parité dans la justice ne relève pas uniquement d’un cadre juridique et se heurte à de multiples défis, dont le plus marquant est une persistance de représentations socioculturelles limitant l’accès des femmes à des postes d’encadrement. On observe également des cas de refus de la part de certaines juges de postuler à des fonctions dirigeantes, pour des raisons variant entre la charge des responsabilités familiales et la crainte de ne pouvoir concilier leur vie professionnelle et leur vie personnelle. Les femmes ne sont par ailleurs pas suffisamment encouragées à briguer ces postes, que ce soit par la publication d’annonces de postes vacants, ou par des mécanismes d’accompagnement et d’encadrement.

Ces obstacles enjoignent les institutions judiciaires, dont le CSPJ, à adopter un ensemble de mesures concrètes afin de renforcer la présence des femmes dans les postes décisionnels, indique Al Ahdath Al Maghribia. Les femmes juges ont notamment évoqué «la mise en place progressive de mécanismes de discrimination positive, particulièrement en cas d’égalité des compétences et du mérite». D’autres questions ont été abordées, relaie le quotidien, dont «le développement de programmes de formation en administration judiciaire, l’incitation des responsables judiciaires à proposer des noms de femmes lors des nominations aux hautes fonctions, ainsi que l’intégration de l’approche genre dans les plans stratégiques».

Par Hassan Benadad
Le 03/05/2026 à 17h43